AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Forum Recherche Sorciers Maisons S'enregistrer Connexion

Partagez | 
 

 Strangers in our past

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
NPC Eli

avatar

PNJ


Messages : 490
Date d'inscription : 24/02/2013

MessageSujet: Strangers in our past   Sam 14 Mar - 11:14




Une silhouette crispée arpenta les couloirs d'une démarche nonchalante. Griffin n'était pas spécialement de mauvaise humeur mais c'était la démarche à laquelle son corps s'était habitué au fil des années. On aurait pu croire que comme n'importe quel ancien élève de Poudlard, l'adulte serait heureux de retrouver ce lieu qui était comme une seconde maison pour tant d'élèves. Mais aucun écho du passé ne vint titiller l'auror. Le château n'avait pas changé du tout depuis son adolescence, mais lui si.
Il pouvait capter des odeurs qu'il n'avait jamais remarqué, des sons inconnus et voir des détails qui lui seraient passé complètement au dessus de la tête d'élève. C'était comme un tout autre lieu pour un tout autre homme.

Il se rappelait tout de même des dédales de pierre du château et trouva rapidement son chemin jusqu'à un petit patio illuminé par la douce et pâle lumière de la Lune. Le croissant était fin, rien de quoi s'inquiéter. Soucieux néanmoins, il observa autour de lui d'un air méfiant, comme si une menace invisible rôder dans les ombres du château endormi. Quelle sordide histoire. Poudlard était pourtant sensé être un lieu où les élèves devaient se sentir en sécurité. Les créatures magiques qui rôdaient dans la forêt interdite avaient toujours été un sujet de plaisanterie. Mais aujourd'hui un monstre bien différent s'y baladait, un monstre bien plus cruel que n'importe quelle créature sauvage.

Griffin attendit quelques minutes dans le silence que la victime du monstre se montre. Son arrivée fut annoncée par une fraîche bourrasque et un petit sifflement aiguë. Elle glissa soudainement hors d'un mur et s'arrêta sur plusieurs mètres comme si elle courait sur de la glace. Sa masse de cheveux argentés vint masquer son visage, ne dévoilant qu'un grand sourire amusé. Elle se releva avec un petit rire joyeux et embarrassé.

- Pardon pour le retard monsieur l'auror ! J'ai un peu la tête dans les nuages en ce moment. La Dame Grise m'a dit que vous vouliez me parler ? demanda-t-elle avec enthousiasme.

Griffin ne répondit pas tout de suite, déstabilisé par ce qu'il voyait. Il avait fait ses recherches sur Sarah Eddington et il savait que tous ceux qui la connaissaient l'avaient qualifié de très joviale et excité. Mais il ne s'attendait pas à ce qu'une jeune fille tout récemment décédée soit si légère. Il ne s'attendait pas à ce qu'un fantôme soit si énergique. Il ne s'attendait pas à ce qu'une mort soit si... vivante.
Elle observa son trouble d'un air curieux. Il chassa la surprise de son visage pour retrouver sa stature d'enquêteur ronchon.

- Oui. Je veux te parler de ce qu'il s'est passé. répondit-il simplement.

Il lui laissa le temps de comprendre. Le sourire de la jeune fille perdit de sa brillance mais ne disparu pas complètement. Elle aurait pu essayer de faire l'autruche, mais le visage ferme de l'auror lui faisait comprendre qu'il n'avait pas de temps à perdre. Elle s'approcha de lui et s'assit sur un des bancs de pierre du patio comme si elle eut été matérielle. Elle remit nerveusement une de ses boucles autrefois rousse derrière son oreille.

- Je ne me souviens pas de grand chose. A vrai dire... Je ne me souviens de rien du tout. avoua-t-elle d'un ton un peu embarrassé. Pas de chance hein ? J'ai demandé aux autres fantômes si eux se souvenaient de leur mort. Ben j'peux dire que c'était pas de la tarte parce qu'ils sont pas tous très bavards... Mais généralement ils s'en souviennent non ?

- Ça dépend. Ça dépend des circonstances. répondit-il d'un ton sombre. Quelle est la dernière chose dont tu te souvienne ?

- Hm...

La jeune fantôme fouilla dans ses souvenirs troubles en jouant avec la pointe d'une mèche de cheveux. Griffin lui laissa le temps et l'espace pour qu'elle mette de l'ordre dans ses idées tout en profitant pour en faire de même de son côté.

Une jeune fille innocente, une jeune fille joyeuse et plein de vie. il n'y avait qu'un prédateur des plus vils pour s'attaquer à une telle proie. L'état de fantôme ne pouvait signifier qu'une seule chose, une mort violente. Le tableau qui se dessinait lentement dans l'esprit de l'auror ne lui plaisait pas du tout. C'était un monstre, mais ce n'était pas un animal bête et prévisible. Il n'avait laissé derrière lui aucune trace autre que le cadavre dépecé de cette jeune fille. Aucun indice. Et il n'aurait rien laissé du tout si l'esprit de Sarah Eddington ne s'était pas accroché à ce monde pour une raison. Quelle était cette raison ? La jeune fille ne semblait pas s'en souvenir.

- Pré-au-lard ! finit-elle par exulter avec fierté après une longue réflexion. Oui je me souviens maintenant ! Je me baladais à Pré-au-lard.

- Où ça à Pré-Au-Lard ? demanda Griffin d'un grognement doux.
Il s'était douté de cette possibilité vu la proximité de la ville avec le château, mais la ville signifiait aussi plus de gens et plus de paires d'yeux pour attraper un tueur en flagrant délit. Surtout pendant la longue et fastidieuse tâche de dépecer quelqu'un vivant.

- Em... commença-t-elle en hésitant. Ce n'était pas du doute cette fois mais de la culpabilité qui apparu sur son visage joufflu. Dans des recoins pas recommandables ?

Griffin ne répondit rien mais son simple froncement de sourcil suffit pour lancer Sarah dans un long discours d'apologie.

- Oui oui je sais ! On est pas sensé s'aventurer plus loin que la galerie marchande... Mais tout le monde va à la Cabane Hurlante et personne ne dit rien ! Et puis j'en ai vu d'autre s'aventurer dans les quartiers résidentiels. Et puis je me suis dit, si y en a qui habitent là-bas, ça doit pas être si terrible ! M'enfin... Il faut croire que j'avais tord...

La tristesse et le silence tomba doucement sur les épaules du joli spectre. Elle sembla même perdre de sa brillance et se dissiper légèrement. Elle soupira et Griffin ne su comment réagir. Il se contenta de fixer une dalle penchée du col d'une attitude crispée.

- Je l'ai peut-être mérité. Finalement. murmura-t-elle tristement.

- Non. réagit finalement l'auror d'un ton ferme. Personne ne mérite ça.

Il s'assit à côté d'elle et voulu la réconforter comme il avait apprit à le faire avec Ada, mais il arrêta son geste avant de commettre une erreur. Il n'allait pas pouvoir poser sa main sur son bras, ni essuyer la larme transparente qui brillait discrètement dans ses yeux. Ce n'était pas non plus le bon moment pour rappeler à la jeune fille qu'elle n'était plus qu'un spectre immatériel qui ne sentirait jamais plus le contact de la peau d'un autre sur son corps.

-  Ce n'est pas ta faute, d'accord ? Je veux que ça soit très clair pour toi. S'il y a quelqu'un à blâmer dans cette histoire, c'est celui qui t'as fait ça.

Son ton était ferme, sombre, mécontent même, mais elle accueillit ses mots avec un sourire timide. Griffin lui offrit un de ses mince et rare sourire aussi. Elle renifla et essuya elle même ses larmes, regagnant sa consistance.

- Dites... reprit-elle timidement. Est-ce que je peux vous demander quelque chose ? J'aimerais... Ça serait cool si... Si vous ne le disiez pas à mes parents ?

- Ne pas dire quoi ?

- Vous savez... Que j'suis... un fantôme ! C'est vrai quoi, c'est déjà trop bizarre comme ça. Je... je préfère qu'ils me croient morte. Après tout c'est ce que j'suis, morte.

Ne pouvant acquiescer, Griffin resta silencieux et interdit un instant. Il regarda le spectre de la jeune fille sans comprendre son expression si déterminée, si courageuse et plein d'espoir.

- P-Pourquoi tu ne veux pas qu'ils sachent ? Ils sont de ta famille ! Tu ne devrais pas endurer ça toute seule. répondit-il, lâchant inconsciemment son rôle d'auror pour celui d'un adulte inquiet.

Sarah se renfrogna, ses joues gonflèrent ainsi que ses cheveux bouclés. Elle paru prendre du volume et sa teinte argenté se teinta imperceptiblement de rouge.
- Oh bon ! Si vous voulez pas être sympa tant pis ! s'énerva-t-elle en croisant les bras d'un air boudeur.

- Je ne vais pas mentir à ta famille, Sarah. répondit-il calmement. Il n'était pas énervé par sa réaction mais surprit et presque amusé. Il ne le montra pas cependant et resta aussi stoïque que possible devant cette petite boule spectrale rougeâtre.

- Vous n'avez pas à leur mentir ! Juste... ne pas leur dire que je ne suis pas vraiment... morte morte ?

Une fois de plus il n'acquiesça pas et le silence retomba sur leur échange houleux. Elle se renfrogna, comprenant que l'homme ne partageait pas sa volonté. Puis doucement, elle reprit sa teinte argentée et son regard s'attrista.

- Je ne veux pas qu'ils me voient comme ça. Je ne veux pas qu'ils viennent me voir. Je ne veux pas qu'ils reviennent chaque année et que je remarque petit à petit des rides, des cheveux blancs... Je ne veux pas qu'une année je me rende compte qu'ils ne viennent plus.

Griffin resta silencieux, mais cette fois d'admiration. Ce n'était pas un simple complexe de fantôme d'adolescente qui se cachait derrière cette requête mais une maturité qu'il n'aurait su suspecter.

- J'suis morte, non ? Cette partie de ma vie est finie et je ne peux rien y changer. En fait, c'est littéralement ma vie qu'est finie alors bon... Il faut que je passe à autre chose. Et ma famille aussi. termina-t-elle calmement sans masquer l'écho de tristesse qui résonnait dans sa voix.

- Je... commença l'auror, conscient qu'il ne pouvait pas continuer de laisser le silence répondre pour lui. Je ne... Je n'ai pas à le leur préciser. Mais sache que s'ils commencent à poser des questions ou si les rumeurs commencent à circuler, je ne pourrais pas leur mentir.

- OH MERCIII ! s'exclama-t-elle pleine de joie avant de se jeter sur l'auror.

Bien évidemment, le fantôme traversa l'homme sans pouvoir lui faire le gros câlin qu'elle voulait lui faire. Griffin eu l'impression de se faire noyer par une vague glacée qui le mordit jusqu'aux os. Il se crispa sur son banc de pierre alors que la fantômette chuta de l'autre côté.

- Oh pardon ! Pardon ! Je ne suis pas encore habituée, je... pardoooon !

Griffin frissonna et se secoua vigoureusement pour chasser le froid, comme un chien mouillé. Son visage crispé se brisa néanmoins en un sourire amusé.

- C’est pas grave. Juste, ne le refais jamais s’il-te-plait.

- C’est compris ! répondit-elle en se relevant et en se mettant au garde-à-vous.

- Bien. Si tu te souviens d’autre chose, tu peux en parler à McGonagall, elle me transmettra le message. dit alors Griffin en se relevant, prêt à repartir.

- D’accord ! Mais vous repasserez, hein ? Si vous trouvez des chose, vous me le direz ? demanda le spectre, pleine d’espoir.

- Je ne pense pas, non. coupa Griffin, plus fermement qu’il ne l’aurait voulu. Sarah se figea sans comprendre.

- Je… C’est pas de bol pour moi que tu ne te souviennes de rien mais… Je pense que c’est mieux pour toi de ne rien savoir. précisa Griffin d’un ton plus doux et sombre.

- Mais je veux savoir ! insista le fantôme.

- Sarah… Ce type ne t’as pas simplement tué, il… Tu es déjà morte. Tu ne pense pas avoir assez souffert comme ça ?

Elle resta muette un instant. Même s’il s’était arrêté juste à temps pour ne pas le dire, ils savaient tout deux de quoi ils parlaient. Sarah avait vu son propre cadavre le soir de son apparition. Celui-ci était tellement mutilé qu’elle n’avait pu se reconnaître elle-même. Même si elle ne se souvenait de rien, la vue de ce corps dépecé ne pouvait mentir sur l’atrocité de la violence qu’elle avait enduré avant sa mort.
Griffin voulait partir mais il ne su s’il était correct de laisser la jeune femme ainsi, sur cette terrible vision. Il chercha quoi dire pour lui changer les idées mais avant de trouver, ce fut elle qui reprit la parole.

- J’ai parlé avec Sir Nicholas. Il m’a dit… Il m’a dit que très peu de sorciers deviennent des fantômes. Très peu ose se refuser la mort et ceux qui font ce choix le font pour une raison. Moi, je ne me souviens pas d’avoir choisit, mais j’ai fait ce choix. Et je crois que cette raison, c’était que je voulais arrêter celui qui m’a fait ça. Poudlard est ma maison et ceux qui y habitent sont mes amis. Je ne laisserais pas quelqu’un comme lui rôder dans les parages en toute impunité !

Griffin la regarda avec une admiration discrète brillant dans ses pupilles grises. Il sentit même un petit sourire de fierté naître sur ses lèvres même si ses sourcils froncés exprimait le fait qu’il aurait préféré qu’elle ne joue pas les justicières.

- Je repasserais. dit-il simplement et calmement avec un petit sourire avant de retourner dans les dédales de pierres du château d’un démarche plus cadencée.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Strangers in our past

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» « There are no such things as strangers (...) » feat. Raquel Marques
» YOU NEVER GET RID OF YOUR PAST (pv)
» ghosts from the past
» Ad Nauseam Tendrills (ANT)
» Malifaux [Regles VF]
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Marauders Book :: L'intérieur du Château :: Rez-de-chaussée-