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 Des mots sur du papier

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NPC Eli

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Date d'inscription : 24/02/2013

MessageSujet: Des mots sur du papier   Dim 29 Mar - 16:27

Il s’attendit à ce que l’oiseau soit troublé, ne serait-ce qu’un instant en lisant le nom sur l’enveloppe blanche que lui tendait Evan Rosier. Mais celui-ci ne cilla pas et, prenant ce qu’on lui tendait dans son bec, il observa une seconde le jeune homme. Ses billes rougeâtres oscillèrent comme si elles vérifiaient qu’il n’y avait pas plus de consignes, avant de prendre son envol.
Le Serpent observa la tâche noire s’éloigner dans le ciel blanc. Cette fois-ci il ne plongea pas vers le sol et continua de s’éloigner à l’horizon jusqu’à ce que les nuages le fassent complètement disparaître.
Evan ne se rendit compte qu’après l’avoir perdu de vue qu’il souriait. Un vrai sourire s’étirant de part et d’autre de son visage pourtant si rigide. Il pouvait sentir l’adrénaline titiller chaque muscle de son corps a lui en faire perdre le contrôle. Enfin. Le moment était enfin arrivé.

Le jeune homme se précipita hors de la tour d’astronomie et dévala les escaliers jusqu’à atteindre les cachots. Avec son sourire, il avait l’air d’un enfant excité de déballer ses cadeaux un matin de Noël, mais il n’en avait que faire. Rejoignant sa chambre, il se posa devant un petit bureau aménagé et sortit un parchemin vierge de sa poche. Blanc, fin, immaculé, ce n’était pourtant pas n’importe quel parchemin. Presque translucide, la feuille n’était que la moitié de ce qu’elle avait été quelques jours plus tôt. Coupée en deux dans sa tranche, elle partageait la même magie que sa soeur jumelle qui s’était envolée dans le bec du corbeau. Fébrile, Evan saisit sa plume mais n’écrivit rien. Patient et pourtant impatient, immobile, la plume levée, le souffle court, il guetta la surface vierge du parchemin d’un air avide.


¤ ¤ ¤


Quelque part, là où le ciel est sombre et tumultueux, une pépite noire file dans les airs. Son plumage aussi noir que la nuit déjà tombée le rend presque invisible mais c’est l’enveloppe blanche qu’on remarque. Celle-ci semble s’allumer à chaque soubresaut des nuages. Le vol du corbeau est vif, presque précipité. Il sait que ce qu’il porte est précieux et que le temps ne saurait tarder à l’abîmer. Il ne ralentit pas et file vers sa destination qui se dessine bientôt devant lui. S’engouffrant à travers une fenêtre ouverte, il file dans les longs couloirs déserts du manoir. Malgré sa précipitation, c’est avec grâce et précision qu’il fini par se poser sur le dossier d’une chaise.
“Evan” croasse-t-il dans la pièce vide qui l’enrichit d’échos. Lorsque ceux-ci s’évanouirent, un claquement rythmé résonna à son tour dans le noir, en face du corbeau. Les bruits de pas d’une démarche calme et régulière. Le corbeau ne cilla pas. Posé sur son perchoir de fortune, il attend, immobile, enveloppe au bec. Une silhouette fine émergea du noir, éclairée par la lumière dansante du vieux chandelier.



- Bonjour. dit l’homme avec un fin sourire. Son regard se posa rapidement sur l’enveloppe que lui apportait le corbeau.

Continuant de sa démarche droite et cadencée, il contourna cependant le volatile et longea la longue table rectangulaire avant d’aller s’asseoir dans le siège en bout de table, à l’opposé. Le siège, recouvert de fin velours rouge était le seul à ne pas être décrépi et resplendissait même dans cette maison en ruine. La table, elle aussi, d’un bois subtilement strié et laqué, luisait élégamment à la lueur des bougies en fin de vie. Le vase rongé et oxydé qui trônait en son centre recouvrait la surface élégante de pétales de fleurs fanées. Celles-ci virevoltèrent lorsque le corbeau prit son envol pour se poser aux côtés de son maître et de déposer l’enveloppe blanche devant lui. L’homme put y lire son nom, le même que celui de l’envoyeur : Evan Rosier.

Avec un petit sourire, l’homme déplia l’enveloppe et en sortit un parchemin blanc, fin et vierge. Il le posa sur la table et, d’un coup de baguette fit disparaître l’enveloppe. L’oiseau, lui, se métamorphosa. Son plumage noir se transforma en surface cristalline, ses yeux en joyaux et son sang en un liquide bien similaire. Portant le verre à ses lèvres, Evan y goutta un instant avant de reposer le verre et de se concentrer sur la lettre. Il ne sortit ni encre, ni plume, mais prit sa baguette pour y faire apparaître ses premiers mots.

Bonjour Evan.

Il reprit une gorgée de liquide écarlate en regardant calmement une nouvelle ligne s’ajouter d’elle-même à la suite de la sienne. L’écriture était similaire, mais plus pressée, plus fébrile, plus immature. Celle d’Evan Rosier à 17 ans.

C’est vous.

Et vous.

J’ai pourtant cru comprendre que vous étiez mort.

Je ne le suis pas. Plus maintenant.

Comment ?

Une autre fois, peut-être.



Qu’allons nous faire ?

Vous ne ferez rien. Ne pensez pas que parce que nous partageons le même nom cela fait de nous des égaux ou des partenaires.

Pourquoi me contacter alors ? Le corbeau. C’est le votre.

La curiosité. Je pense pouvoir assumer sans me tromper que c’est aussi ce qui vous a poussé à me répondre. Nous allons simplement assouvir cette curiosité commune. Ce sentiment est pesant, distrayant. Il sera mieux pour nous deux de s’en délester au plus vite.


William Bethney. J’ai eu échos de ses intentions de par l’enfant qui a faillit se tuer en espérant l’arrêter. Elliot Rosier. Mon Votre Notre fils, apparemment.

Elliot, oui. Je suis sûr que vous gardez un oeil attentif sur lui et je vous invite à continuer ainsi. Je n’ai pas été là pour lui, peut-être vous pourrez l’être à ma place. En tant que Rosier, nous partageons au moins la même éducation. En se qui concerne les Bethney, les échos cesseront bien assez vite.

Pas Ada Bethney.

Qui ?

Une fille. Stupide. Sang-pur mais souillée d'idiotie et de négligence. Elle n’a rien à voir avec cette histoire.

Pourquoi la mentionner ?

Je prends soin de mes affaires.

Elle m’est insignifiante. Vous feriez cependant mieux de revoir vos fréquentations.

Ce n’est qu’un jouet.

Il est peut-être temps d’arrêter de jouer Evan. J’ai peut-être bien une mission pour vous. Ou plutôt un conseil à moi-même.

J’attends.

Le garçon, Elliot. Particulier n’est-ce pas ?

Trop à mon goût. Il est faible, indiscipliné. Même sans guide, le fruit n’aurait dû tomber si loin de l’arbre. Vous m’avez demander de veiller sur lui. Est-ce par regret, ou méfiance ?

Aucun des deux. Votre antipathie pour Elliot ne sera qu’une motivation de plus.  

Expliquez.

Un héritier. Voilà ce qu’est un Rosier. Mais vous n’en voyez pas. Pas même en ce garçon qu’on vous présente comme votre fils. Cela vous frustre. Vous sentez le poids de mes erreurs peser sur vos épaules.
Vous n’avez pas à le faire.
Trouvez une compagne convenable et vous n’aurez plus à vous soucier de Elliot Rosier.


Evan s’adossa dans son fauteuil rouge, en regardant le parchemin inanimé. Immobile et serein, il se laissa le temps à lui-même de comprendre toute l’ampleur des significations qu’avait ses mots. La page resta blanche un instant puis, sans faillir, l’encre dansa à nouveau sur le papier.


Reniez-vous votre propre fils ?

Parfois il vaut mieux brûler un rosier malade pour préserver le reste du jardin.

Oh, et Elliot Rosier n’est pas mon fils.





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