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 Sons of Ra

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Saïd S. Wilkes

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Serpentard


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MessageSujet: Sons of Ra   Jeu 30 Avr - 16:57


I.

Quelque chose n’allait pas. Saïd était encore inconscient et pourtant quelque chose en lui savait déjà que quelque chose clochait. Plongé dans la noirceur et le silence d’un profond sommeil forcé, il ne sentait pas le froid le mordre, le néant l’écraser ou le vide le menacer. Au contraire, une douce chaleur enveloppait son corps, lui donnant l’étrange sensation de flotter. L’air qui faisait doucement son chemin jusqu’à ses poumons était semblable à une caresse soyeuse qui l’emplissait de légèreté. Le noir n’était pas si noir. Rougeâtre mais sans évoquer le sang ou la violence. Un rouge de terre, un rouge de chair, un rouge solide et rassurant.
Saïd ne se laissa pas contempler l’intérieur de ses paupières plus longtemps et ses yeux s’ouvrirent rapidement. Ses pupilles dorées se contractèrent, surprises par les rayons du Soleil qui traversaient l’ouverture au plafond pour le baigner d’une chaude lumière. Son corps était encore lourd mais il ne se laissa pas de répit et se redressa sans attendre.

La lumière du jour l’éclairait lui et l’étrange lit de pierre sur lequel on l’avait allongé mais le reste de la grande salle faite de pierre était plongée dans la pénombre. Alerte et conscient qu’il n’était pas seul, Saïd fixa les alentours de son regard prédateur. Il tenta de rester calme alors qu’il se rendait lentement compte qu’il n’était pas vraiment le prédateur. Ici, c’était lui la proie. Il s’apprêtait à descendre du promontoire de roche lorsque enfin une voix se manifesta dans l’ombre.

- Tu devrais te reposer. dit calmement Ali sans bouger de sa chaise non loin du puits de lumière.

Saïd reconnu immédiatement la voix du dernier homme qu’il avait vu avant de s’évanouir. Il ne savait pas pourquoi mais il se sentit quelque peu rassurer. Il connaissait au moins une chose dans cette environnement étranger. Se fichant par contre de ce que Ali lui disait, il sauta sur le sol. Son corps encore mal réveillé peina un peu mais pas autant qu’il ne l’aurait dû. Il n’avait plus de blessures. Il se rendit compte que ses vêtements étaient encore là mais qu’il était pied nu. Ce qui le surprit le plus fut le contact du sable chaud entre ses orteils. N’étaient-ils pas à l’intérieur ? Et où était-il ?

- C’est quoi cet endroit ? demanda Saïd d’une voix rauque en écho aux questions de son propre esprit.

Ali ne répondit pas tout de suite. Fixant la silhouette svelte et arquée de son frère, il l’observait soucieusement autant qu’il le jaugeait. L’Egyptien finit par se relever et s’approcher de Saïd. Il s’approcha assez pour que Saïd le voit enfin mais sans pénétrer dans le cercle jaune que projetait le Soleil d’Egypte sur le sol de la pièce.

- Héliopolis. Tu te trouve au Temple de Ra. Tu es chez toi, Saïd.

L’Irlandais renifla. Il avait envie de cracher son dégoût au sol mais ça bouche était trop sèche.
- Putain d’illuminé. se contenta-t-il de pester avec un sourire amer et dédaigneux. Il s’attendit à dire plus que ça mais le silence vint lui annoncer que ce n’était pas le cas. Un peu perdu et ne sachant pas trop quoi faire de son corps, Saïd gratta distraitement le tatouage qui masquait sa cicatrice. Il ne voulait pas l’admettre mais ce lieu était étrangement accueillant. Au lieu d’être oppressante et agressive comme il l’aurait imaginé, cette chaleur si différente de celle d’Angleterre était apaisante et rassurante. L’air ambiant était était comme une grande couverture de plume qui enveloppait son corps. Le silence qu’il ne pouvait pas supporter d’ordinaire était différent lui aussi. Doux et flottant, il était n’était pas la mort de toute paroles et idées mais plutôt un flot muet de songes et de non-dits. Saïd frissonna.

- Bon ! Ben c’est très bien tout ça mais moi il faut que j’dégage. J’rentre. J’rentre chez-moi. Pré-Au-Lard. annonça-t-il.

Si ses premiers mots étaient légers et plaisantins, les derniers eux étaient ferment et autoritaire. Il n’avait aucunement l’intention de rester à Héliopolis, peu importe où cela se trouvait. Il aurait pu dire Irlande au lieu de Pré-Au-Lard car c’était là où se trouvait réellement sa maison, mais il n’aurait pas été plus avancé que ça si Ali l’abandonnait au milieu des tourbières avec seul un T-shirt et son pantalon sur lui. Car oui, Saïd n’avait pas oublié le malencontreux détail qui l’empêchait de rentrer lui-même d’un simple transplanage. Sans magie, il était obligé de compter sur Ali. Il sentait cependant que le convaincre n’allait pas être une mince affaire.

- Ta place est ici Saïd. insista Ali sans broncher.

- Ma place est à Pré-Au-Lard, là où tu vas gentiment me déposer. répéta Saïd en s’approchant de l’autre homme d’un air de plus en plus menaçant.

- S’il-te-plait mon frère, tu dois compr-

Mais les mots d’Ali furent interrompu par un coup de point fulgurant de Saïd qui le prit par surprise. Reculant de quelques pas, il porta sa main à la bouche et se rendit compte que sa lèvre du bas s’était légèrement fendue.
Saïd lui, resta figé de surprise un court instant. Il ne s’attendait pas vraiment à faire mouche, sachant que jusqu’ici Ali avait toujours su esquiver ou bloquer ses assauts. Satisfait, il eu un petit rire incrédule et sentit l’adrénaline se déverser lentement dans son corps.
Ali se retourna vers Saïd, essuyant le peu de sang qui coulait de sa lèvre avec un soupir lassé. Il jeta un regard bleu et sévère à son petit frère et un nouveau combat violent et sanglant commença.

***

Pas très étonnant que Saïd finisse rapidement la tête dans le sable et le corps de nouveau endoloris de plusieurs hématomes et quelques os brisés. Ali se laissa tomber à côté de lui, à bout de souffle, lui aussi assez amoché mais pas autant. Il marmonna quelques jurons égyptiens dans sa barbe en donnant un dernier petit coup de pied sur la moumoute de son frère. La moumoute tressailli et renifla mais sans la volonté de réellement se relever.

- Tu es faible. souffla alors Ali d’un ton pourtant dénué de jugement ou de mépris. Je le sais, Saïd. La guerre. Elle ne t’as peut-être pas volé ta vie mais elle t’a volé ta magie.

La tête enfoui dans le sable, Saïd écouta les mots de son frère sans résister l’influence que ceux-ci avaient sur lui. Il se sentait bien faible en effet, si faible qu’il n’avait même plus la force d’être en colère. Sa magie l’avait abandonné et chaque jour qui passait, cette réalité lui pesait un peu plus sur les épaules. Il se sentait vieux, il se sentait vaincu et il se sentait pathétique. Et ce que Saïd S. Wilkes faisait des faibles pathétiques, c’était les laisser dépérir dans leur coin. Ce qu’il faisait avec beaucoup d’entrain ces derniers temps.

- Moi aussi j’ai été volé par la guerre. Elle m’a volé mon innocence, mes nuits, ma famille… Mon petit frère.

Le silence retomba sans qu’aucun des deux partis ne reprenne la parole. Des minutes passèrent sous le Soleil faiblissant de cette fin d’après-midi. Saïd finit par se relever, lentement, laissant le sable glisser de lui-même de ses cheveux à ses épaules meurtrit. Son visage était abîmé de bleus mais son regard doré restait vif et se posa sur Ali. Il n’y avait pas d’animosité dans ses yeux mais pas d’affection non plus. Pour lui, l’homme qui lui faisait face n’était personne d’autre que son ticket de retour pour l’Angleterre. Et encore...

- Il n’est pas trop tard Saïd. Il n’est pas encore trop tard pour nous. Laisse-moi t’aider. demanda doucement Ali en croisant le regard de son frère.

Celui-ci continuait de le fixer d’un regard vide d’expression et pourtant si intense à travers le sang qui coulait lentement sur son visage. Mollement, il sortit sa main gauche du sable, découvrant la longue pointe d’un morceau de vase de céramique brisé plus tôt dans la lutte. Il le serrait déjà si fort que des gouttes de sang glissèrent de sa paume pour tomber sur le sable chaud.
Son intention première était sûrement de se jeter sur Ali dans un nouvel et dernier effort agressif, mais son état déplorable ne lui permit que de ramper lentement jusqu’à ce qu’il sente la trachée de l’Egyptien contre la lame de son arme de fortune. Ce dernier ne bougea pas d’un poil, se laissant volontairement à la merci de son frère.

- Ramène-moi. grogna Saïd d’une voix aussi faible et abîmée que lui mais pleine de détermination.

- Je peux t’aider Saïd. Je peux-

- Ramène-moi. insista Saïd sans détour en appuyant un peu plus contre le cou d’Ali. Un fin filet de sang glissa le long de l’écharde de céramique mais Ali ne broncha pas.

- Ta magie. Ra peut te la rendre.

- Ramène-moi chez-moi. souffla Saïd qui sentait son cerveau s’embrumer lentement. Il appuyait de toutes ses forces sur le misérable morceau de céramique mais sans parvenir à percer plus profondément dans la couenne de l’Egyptien immobile. Je dois rentrer… Zoya…

Saïd se sentit tanguer et ne plus résister contre la gravité qui le tira sur le côté. Ali le rattrapa d’un geste vif et le força à rester droit d’une main sur sa nuque. De l’autre main, il récupéra le bout de vase qui avait commencé à glisser des mains de Saïd. Posé contre le puissant avant bras de l’Egyptien, Saïd se sentait glisser dans un coma confortable alors que le Soleil l'assommait lentement.

Mais soudain, Ali empoigna la pointe et l’enfonça violemment dans le ventre de Saïd qui se figea d’horreur. Ses yeux révulsé fixèrent ceux d’Ali, si bleus et si calme, sans comprendre. Ali s’approcha de lui, certain d’avoir son attention et susurra sombrement à son oreille.

- Ecoute-moi Saïd Sen*. Chaque jour que Ra fait, chaque matin, tu auras ta chance. Tue-moi et nous te retournerons à ton pays gris.

Saïd eu un haut le cœur et un vertige si puissant qu’il pouvait presque sentir la mort tenter violemment de lui arracher son âme. Il était clair que si quelqu’un était en train de se faire tuer, c’était Saïd et non Ali. L’Egyptien prit le visage pâlissant de son frère dans ses mains pour le forcer à lui accorder la dernière miette d’attention.

- Chaque jour tu auras ta chance. Échoue et tu m’accorderas le reste du cadran solaire. Je t’aiderais, je t’apprendrais, je te rendrais fort. Nous te rendrons ta magie. Tu seras l’homme que tu es destiné être.

Ce fut les derniers mots que Saïd entendit avant que sa tête lourde d’inconscience ne chute dans un acquiescement involontaire. Les bras d’Ali l’entourèrent ainsi que la douce noirceur du Temple de Ra.



*Sen=frère

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Saïd S. Wilkes

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MessageSujet: Re: Sons of Ra   Ven 1 Mai - 19:42


II.

Nouveau réveil. Nouveau jour. Sans doute plusieurs jours s’étaient passés depuis la dernière fois qu’il avait été conscient. Cette fois, le poids de sa propre fatigue et le bruit parasite de la douleur l’empêcha de bien se rendre compte d’où il se trouvait. Il savait juste qu’il n’était plus au même endroit. Sous lui, le contact chaud et revigorant de la pierre s’était changé en une surface plus molle, celle d’un vrai lit. Une couverture légère le recouvrait mais il sentait surtout le bandage qui serrait son ventre et la plaie qui le faisait encore souffrir. Grimaçant, il porta une main à sa blessure dans l’espoir de calmer la douleur. Sans succès.

Il ouvrit les yeux, lentement, l’esprit encore embrumé de souvenirs confus. Les mots d’Ali lui revinrent doucement en mémoire, ce qui ne l’aida pas à rester immobile. Alors qu’il grogna dans un effort de se relever, il entendit un rire à sa droite. En se tournant, Saïd fut surprit de voir Zoya le dévisager d’un air moqueur. Surprit mais rapidement rassuré, il ne put s’empêcher de sourire face à ce visage familier.

- Regardez-moi ça… Comme c’est pathétique. nargua-t-elle en s’approchant lentement du lit. Quoi ? Tu veux un bisou magique ? ajouta-t-elle en jouant à faire tourner sa baguette magique dans ses mains.

Saïd s’apprêtait à lui répondre que oui, il avait bien envie d’un bisou magique et d’une bonne pipe en plus mais il s’arrêta avant de prononcer le moindre mot. Son regard s’était posé plus longuement sur la baguette avec laquelle elle semblait le narguer et il reconnu la sienne. Cela faisait bien longtemps qu’il ne l’avait pas vue mais il ne pouvait se tromper. C’était bien sa baguette magique. L’homme fronça ses sourcils broussailleux. Ne l’avait-elle pas brûlé ?
La brunette sembla lire le trouble dans les traits de Saïd et eu un petit rire avant de sauter sur le lit et de se mettre à califourchon sur lui. Bien que heureux de l’avoir avec lui, Saïd grogna en sentant sa blessure le faire souffrir un peu plus.

- Ton frère qui te poignarde… Moi qui tiens ta baguette… Je suis sûre qu’y a plein de métaphores cachées dans tout ça. murmura-t-elle à son oreille d’un ton espiègle.

Plus elle se penchait contre lui et plus elle appuyait sur sa blessure. Il souffla mais ne fit rien pour l’en empêcher. Tant qu’elle était là, il n’en avait que faire de la douleur. Plongeant son visage contre son corps, Saïd s’attendit à ressentir le contact doux, chaud et familier de sa poitrine. Mais il ne sentit que le vide. Lorsqu’il rouvrit les yeux, elle avait disparu mais sa voix lui parla une dernière fois.

- Dommage que ce ne soit qu’un rêve.

***

Saïd se réveilla une nouvelle fois, cette fois d’un sursaut et en sueur. Ses yeux fous détaillèrent rapidement la chambre dans laquelle il se trouvait. La roche beige des murs et les soieries exotiques lui suffirent pour se replacer à Héliopolis. La lumière du jour illuminait doucement la pièce depuis la grande porte menant au balcon à gauche du lit. Une brise légère et rafraîchissante faisaient flotter les rideaux et les draps qui le recouvraient.
Il n’eut plus de temps pour observer ses alentours que la porte de la chambre s’ouvrit pour laisser entrer Ali. Saïd remarqua rapidement une figure féminine à ses côtés mais elle disparue après quelques mots d’Ali. Saïd s’agita, tentant sûrement de sortir du lit mais l’Egyptien arriva près de lui en quelques pas agiles. D’une main sur son front, il le força à retomber dans ses oreillers et le maintint là.

- Repos. appela Ali d’une voix calme.

Saïd finit rapidement par s’immobiliser. La douleur que lui procurait sa blessure le menaçait de s’évanouir une nouvelle fois et il n’était de toute manière pas dans l’état de combattre. Résigné, il soupira et resta allongé même après qu’Ali ait ôté sa main du front chaud et humide se son frère.

- Il faudrait se décider. Tu me veux en vie ou tu veux me tuer ? Ou alors tu prends ton pied à voir les gens souffrir ? grommela Saïd d’un ton grognon en jetant un regard noir à celui qui l’avait violemment poignardé.

Ali eu un petit sourire amusé. Il tira un fauteuil installé non loin du lit pour s’asseoir à côté du convalescent. Il y prit place et croisa les doigts en posant son regard bleu et serein sur son frère.

- Tu sais ce que je veux. répondit-il simplement.

Saïd renifla en détournant le regard. Oui, il savait ce qu’Ali voulait. Il se souvenait de ses mots. Chaque matin, il aurait l’opportunité de le tuer. Mais l’issu de ce combat quotidien déciderait du reste de la journée. S’il gagnait, il rentrerait chez lui. S’il perdait, il devait jouer les esclaves. Cela ne lui plaisait pas du tout mais il n’était clairement pas dans l’état de négocier.
Le silence retomba et Saïd prit le temps avant de jeter un regard à sa blessure. Son buste était entouré de plusieurs couches de bandages fins qui l’empêchait de voir la plaie. L’Irlandais eu un petit froncement de sourcil. Il n’était pas vraiment habitué à avoir des bandages. La magie était toujours le premier recourt après une blessure et bien qu’elle pouvait laisser des séquelles et des cicatrices, elle ne laissait que rarement une plaie ouverte nécessitant des bandages.

- Alors quoi ? J’suis puni ? Tu vas me laisser dans cet état jusqu’à ce que je dise oui ?

Ali eu un nouveau petit rire. Il était amusé, un peu moqueur mais tellement dénué de méchanceté et de jugement que Saïd ne parvint pas à s’en sentir offusqué. Il se contenta de regarder l’Egyptien d’un air particulièrement constipé.

- Oui, cela reste ta décision. Tu ne semble pas vouloir de l’aide de Ra ou de la mienne. Je n’agirais pas contre ta volonté.

Saïd fit la moue. C’était con, mais c’était vilainement logique. Jusqu’ici, Ali l’avait toujours soigné et Saïd n’avait fait que lui rendre la pareil en coups. Il fallait bien que son entêtement fasse son effet un jour.

- Ton corps est fort. Tu t’en remettra. rassura Ali sans s’empêcher d’être un peu plaisantin. J’espère simplement que tu usera de ce temps pour réfléchir à ma proposition.

Saïd croisa les bras d’un air boudeur. En y réfléchissant ce n’était pas la pire des sentences. Ali lui donnait littéralement la bénédiction de lui botter le cul chaque matin. Mais c’était accepter n’importe quel marché de celui qui l’avait kidnappé et ensuite poignardé qui lui posait un vrai problème.

- Et si tu me ramenais chez-moi plutôt ? marmonna puérilement Saïd tout en sachant que c’était inutile.

Ali soupira sans s’empêcher de sourire. Il se releva de son siège et se dirigea lentement vers la porte.

- Mon petit frère. Tu es bien têtu. s’amusa l’Egyptien en quittant la pièce.

- C’est fait pour ça les petits frères ! bouda Saïd alors qu’Ali referma la porte.





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Saïd S. Wilkes

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MessageSujet: Re: Sons of Ra   Mer 1 Juil - 18:11


III.


- Je pensais pas que t’étais dans l’humiliation publique. railla doucement Saïd lorsqu’ils croisèrent plusieurs personnes sur le chemin du lieu du combat. Il se voulait moqueur et cinglant mais ne parvint pas vraiment à masquer son trouble.

- Ceci est la maison de Ra. Elle abrite tous ses enfants. Dont toi et moi. Pensais-tu que tout cela m'appartenait ? demanda Ali d’un ton calme et légèrement amusé.

Saïd ne répondit pas et se renfrogna. Il fallait dire que depuis le début, Saïd ne savait rien du lieu où il se trouvait. Il refusait de comprendre la raison qui le poussait à être retenu ici. Pour lui, tout cela se résumait à un conflit simple. Un affrontement entre lui et Ali. Un affrontement qu’ils allaient régler dès maintenant.
Inconsciemment, l’Irlandais passa une main sur son torse ou un bandage de lin recouvrait encore sa blessure. Ali le remarqua du coin de l’oeil.

- Tu as accepté ma proposition, tu n’as pas à souffrir plus longtemps. Laisse-moi te soigner Saïd. dit-il docilement alors qu’ils arrivèrent à une grande cours ouverte baignée du soleil du matin.

- J’ai accepté ton deal, pas ton aide. rétorqua Saïd qui ôta rapidement sa main de son bandage. Quoi ? T’as peur que j’sois pas à la hauteur ? nargua-t-il en se plaçant au milieu de la cours carrée, bras grands ouverts. Même unijambiste je te défonce ! annonça-t-il. Tous deux savait bien que ce n’était pas vrai mais la lueur violente qui se mit à briller dans les yeux dorées de Saïd Wilkes indiquait que la logique n’avait déjà plus sa place dans le cerveau de l’Irlandais.

Quelques curieux s'arrêtèrent dans le passage qui entourait la cours carrée, intrigués par la langue étrangère et cet étrange personnage qui s’agitait au milieu de leur cours d'entraînement. Un jeune homme s’approcha d’Ali et lui posa une question mais ce dernier le congédia d’une phrase simple et d’un geste de la main. Il ôta sa toge de soie blanche, dévoilant un corps musclé mais généreusement couverts de cicatrices et s’avança dans la cours.

Un. Deux. Trois gestes et la moumoute de Saïd se retrouvait dans le sable.
- Encore. ordonna Ali comme s’il savait que cela ne suffirait pas à son petit frère. Il ôta sa main de sa nuque et s’éloigna pour lui laisser le temps de se relever et de ré-attaquer.
Un. Deux. Trois. Quatre. Cette fois Ali tient Saïd par la trachée et son poing gauche est prêt à lui briser la mâchoire.
- Encore. répéta Ali qui ne perdait pas son sang froid alors que la frustration de Saïd augmentait.
Sept cette fois avant que Saïd ne tombe à la renverse et qu’Ali le surplombe.
L’Irlandais ne manque pas la cadence et fait tout pour se jeter à la gorge de son adversaire. Chaque échec le rend plus agressif, plus violent mais aussi plus désordonné. Il arrive presque à lui décocher une droite avant que soudainement Ali le frappe violemment au ventre, pile sur sa blessure. Crachant une gerbe de sang, Saïd lâche un grognement de douleur avant de s’agenouiller pour ne pas s’évanouir une nouvelle fois.
Il voit l’ombre d’Ali s’approcher de lui d’un pas sûr et se crispe en sentant la main de ce dernier se poser fermement sur son épaule. Il s’attend à ce qu’on l’achève mais rien ne vient. En relevant les yeux, il croisa celui bleu et sans détour de son frère.
- Maintenant, suis-moi. annonça-t-il calmement avant de se relever et de se retourner pour récupérer sa toge.

Saïd boue intérieurement et la douleur ne l’aide pas à y voir plus clair. La vue de son adversaire lui tournant le dos aurait pu être la goutte qui faisait déborder le vase mais étrangement, le jeune homme ne se sentit pas bondir comme il se serait attendu. Était-ce le regard des spectateurs curieux et avides ? Pourtant au Trou le regard des autres l’avait toujours stimuler à aller plus loin, faire couler plus de sang. Était-ce Ali ? Etait-il trop fort ? Non. Des adversaires redoutables ne faisaient qu’encourager Saïd à s’y attaquer. Ou était-ce ce soleil ? Matinal et pourtant puissant, il lui donnait l’impression d’être en pleine lumière. Comme observé par bien plus que des hommes.

L’ex-mangemort se releva doucement et essuya le reste de sang qui coulait sur son menton. Les sourcils plus froncés que jamais et le regard assassin, il se dirigea pourtant calmement vers Ali. En arrivant près de lui, il ne lui dit rien mais cela suffit à l’autre pour comprendre qu’il avait gagné. Au moins pour aujourd’hui.



Ali ne put s’empêcher d’esquisser un très discret sourire. Comme si cela avait été un signal ou une autorisation, tous les spectateurs se hâtèrent vers le duo de combattant. Surprit, Saïd se figea sans savoir quoi faire devant tant d’hommes joyeux et excités s’exprimant dans une langue qu’il ne connaissait pas. Certains même l'effleurèrent de la main comme pour s’assurer qu’il était réel. Sans s’en rendre compte, Saïd se rapprocha d’Ali, la seule personne qu’il connaissait.

Ce dernier s’en amusa un peu mais prit rapidement la parole de son ton éternellement calme. Saïd capta son nom, bien qu’à la sonorité déformé dans la langue Egyptienne. Les autres ne semblèrent que plus excités en écoutant Ali. L’Irlandais eu la désagréable impression que certains semblaient le connaître. Heureusement, Ali mit rapidement fin à cet attroupement et tous les curieux se dispersèrent, non sans un dernier regard vers l’étranger.

- Bien retour ta maison, frère ! cria un jeunot surexcité dans un anglais décousu avant de disparaître dans un couloir avec le reste de la bande.

Saïd voulu réagir mais rien ne lui vint a l’esprit et il resta figé et bête. Sa mine déconfite arracha un nouveau sourire sur le visage taillé d’Ali Wilkes. Il guida son petit frère hors de sa stupeur d’une main délicate sur son dos et le poussa à le suivre.

Silencieusement, les deux frères firent leur chemin à travers les grands couloirs de pierre du Temple de Ra. Saïd ne savait pas quoi penser. Il voulait être énervé, il voulait être révolté et crier une énième fois qu’il voulait rentrer chez lui, mais c’était comme si son corps s’était lassé de sa constante frustration. Refusant pourtant de passer à autre chose, il était comme bloqué dans cet entre-deux où tout ce qu’il pouvait faire ou penser ne serait jamais ce qu’il fallait ou ce qu’il voudrait.

- Tout ira bien Saïd. répondit doucement Ali comme s’il avait entendu les troubles de son petit frère.

Ce dernier releva la tête pour observer là où ils s’étaient arrêtés. La lumière du soleil l’éblouit un instant mais pas seulement. Devant eux s’étendaient d’énormes rangées de colonnes de pierre gravées. La lumière du soleil filtrée à travers des ouvertures au plafond permettait de deviner la profondeur infinie du lieu. Les colonnes, massives et immenses ressemblaient à des troncs d'arbres millénaires pétrifiés et taillés sur lesquels on avait gravés d'innombrables pictogrammes.

- Laisse-moi te parler de Ra. Du monde. De ta famille. Laisse-moi te parler de ton Histoire, Saïd. commença doucement Ali dont la voix raisonna élégamment dans l’espace infini du Temple de Ra.





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MessageSujet: Re: Sons of Ra   Sam 4 Juil - 13:03


IV.


- Encore. répéta calmement Ali alors qu’il laissait le temps à Saïd de se relever et de l’attaquer une fois de plus.

Un nouveau matin, une nouvelle défaite. Ce n’était pas étonnant sachant que l’Irlandais refusait toujours de se faire soigner. Ali avait abandonné l’idée de lui faire changer d’avis en le maltraitant particulièrement à cet endroit et évitait maintenant d'aggraver sa blessure. Heureusement pour Saïd, la routine de l’affrontement du matin s’était rapidement banalisé. Sa défaite lui était dictée par la patience d’Ali plutôt que par son inaptitude à continuer ou son évanouissement et il l’acceptait. La promesse d’une nouvelle chance le lendemain le rendait plus tolérant au fait de ne pas réussir cette fois.

Un nouveau jour, une nouvelle promenade dans l’immensité infinie du Temple de Ra. Saïd n’avait que faire des fables merveilleuses que lui contait son frère ou des hiéroglyphes innombrables sculptés dans les piliers de pierre qui racontaient l’histoire des Enfants de Ra. Mais la fraîcheur du lieu et la voix douce et grave d’Ali avait quelque chose d’apaisant. Elle lui apportait une certaine tranquillité d’esprit comme si, de par son pacte avec Ali, après une défaite il n’avait pas le droit de songer à l’Angleterre, à Zoya, il n’avait pas à regretter.

Embrassant simplement et lentement le fait qu’il était piégé en Egypte jusqu’à nouvel ordre, Saïd se força à ne voir que le présent. Le passé était une tare qu’il ne pouvait se permettre de traîner derrière lui s’il voulait guérir, évoluer, retrouver sa force et peut-être un jour, rentrer.
Bien sûr, les souvenir, les songes et la douleur parvenait toujours à trouver son chemin jusqu’à son esprit la nuit. Alors qu’en Angleterre il lui arrivait de se réveiller en sueur, hanté par des bribes de souvenirs de sa plus tendre enfance, encore effrayé par une guerre lointaine, il se réveillait aujourd’hui en hurlant le nom de Zoya. Parfois de désir, parfois de colère, parfois de peur. Une faiblesse qu’il ne s’autorisait que dans la discrétion de la nuit.

Le jour venu, il était Saïd Seth Wilkes, fils de Ra. C’était ridicule et pourtant indéniable. Bien qu’il ne l’ai jamais connue, sa mère Leïla fille de Ra appartenait à ce culte. C’était ici, à Hélipolis, qu’elle l’avait mit au monde.

- La si belle Leïla qui faisait tourner la tête des hommes lorsqu’elle faisait tourner sa robe, lui contait un vieillard un soir assit sur un patio à contempler le réveil de la Lune. Ses yeux brûlant comme le désert d’Egypte et sa force digne d’une enfant de Ra. Courageuse, effrontée mais aussi curieuse et amoureuse. Amoureuse de son homme du froid, son homme gris et de ses enfants. Comme elle a pleuré ton départ, Saïd. Des torrents de larmes qui auraient pu faire déborder le Nil et éteindre les astres célestes. La guerre et la tristesse ont eu raison de sa lumière avant que la première année ne passe. Mais elle est partie sereine. Ali était fort, même jeune et toi, son tout petit, tu étais à l’abri. Enfin c’est ce en quoi elle avait foi.

- Et mon père ? se surprit-il à demander, avide d’en savoir plus. Peut-être était-ce aussi de pouvoir parler anglais à quelqu’un d’autre qu’Ali ?

- Nous n’en savions peu sur l’homme Wilkes. Malgré son union avec Leïla il restait un étranger. Mais je pense que pour lui, l’Egypte était sa nouvelle patrie. Il fut dévasté de devoir t’emmener là bas, là où il fait froid, là où les hommes tremblent. Il est revenu pour elle, pour Ali, pour nous, malgré la guerre. Mais elle avait son coeur. Et lorsqu’elle est partie, il a disparu. Personne ne sait où il est allé, mais je pense qu’il est avec elle.

Le silence retomba sur le vieillard et l’étranger. Le vieux était peut-être en train de s’endormir doucement mais Saïd lui était bien éveillé. Son cerveau explorait des recoins qu’il avait longtemps oublié ou qu’il n’avait jamais osé approcher auparavant. Son père, sa mère. Des gens qu’il n’avait jamais connus, qui l’avaient abandonné et pourtant qu’il ne pouvait haïr ou ignorer. Il se rendait seulement compte de qui ils étaient et qu’il regrettait ne jamais les avoir connu ou même vu. C’était comme une belle histoire, un joli tableau qu’on lui peignait mais qui se transformait en fumée dès qu’il voulait s’en approcher un peu plus et s’en saisir. C’était trop tard. C’était le passé.

- Mais ne soit pas froid Saïd, ne soit pas gris. Ton père et ta mère sont heureux dans l’au-delà et tu es de retour parmi nous. Tes frères et soeurs sont tous là et ton père veille sur toi. Ra veille sur toi.

Saïd souffla doucement. Il ne pouvait s’empêcher d’être cynique lorsqu’on lui parlait de religion. Ra était pour lui bien plus fictif que les parents qu’il n’avait jamais connu.

Ce qu’il pouvait voir et sentir en revanche, c’était cette étrange sentiment familial qui liait les Enfants de Ra. Alors qu’il ne connaissait aucun d’eux, qui ne les avait jamais rencontré et ne parlait même pas leur langue, tous l'accueillait toujours chaleureusement. Beaucoup venaient assister au combat matinal quotidien des deux frères dans la cours d'entraînement. Ils ne criaient pas, ne braillaient pas comme les dégénérés du bar de Pré-Au-Lard. Ils ne se moquaient pas non plus des nombreux échecs cuisants de Saïd et observaient avec admiration et respect. Certains même l’encourageaient. Des quelques mots Egyptiens qu’il avait apprit au fil du temps, il savait que “frère” était le terme qu’ils utilisaient pour le qualifier.

¤¤¤

- Sen. Sen veux dire, frère. expliqua doucement Zahra de sa voix douce et suave. Ali sen.
- Et comment tu dis petit copain ? Ou mari ? Ali my love ? Ali so hot ? Ali sexyyyyyy ?

La belle et jeune Egyptienne pouffa discrètement de rire en mettant une main devant sa bouche. Saïd se souvint l’avoir brièvement vu lors de sa convalescence. Elle était sans doute celle qui lui avait posé son bandage. Lorsque Ali la lui présenta comme étant sa femme, Saïd n’avait pu que être surprit de l’apprendre. Comment le si dur, stoïque et ennuyeux Ali avait-il pu se trouver une petite femme si douce ? Néanmoins leur amour n’était pas quelque chose à remettre en doute et Saïd n’y voyait qu’une simple opportunité de narguer Ali. Zahra ne fut plus un simple sujet de plaisanterie lorsque celle-ci décida d’outrepasser les barrières de la langue. Malgré son anglais fragile apprit ça et là avec Ali, elle sembla s’être donné pour mission d’aider Saïd à se sentir chez lui. Ali lui, voyait cela dans l’apprentissage de l’histoire et de la culture d’Héliopolis, elle dans le simple fait de pouvoir dire bonjour et merci.

- Ali merwet. répondit-elle avec un sourire lorsqu’elle eu fini de rire. Merwet, amour. précisa-t-elle en rougissant légèrement.
- Ouai mais j’m’en fou de ça ! Comment on dit cul ? Hm ? Sex ! Aller fait pas genre tu comprends pas !

¤¤¤

Zahra et le vieillard ne furent pas les seuls à aller vers Saïd Wilkes, “celui qui est revenu” comme beaucoup l’appelaient. Beaucoup de curieux l’approchaient en tentant de comprendre un peu plus l’histoire de l’étranger. Mais malgré ses petits cours de langue, Saïd ne parvint pas à vraiment leur raconter quoi que ce soit d’autre que “Bonjour”, “Bien” et “Va manger une chèvre.” Il se fit néanmoins quelques camarades de lutte avec qui les actes parlaient bien plus que les mots. Lorsque les cours de Zahra, les histoires du vieux et les sermons d’Ali se faisaient trop barbant, Saïd aimait se détendre à la cours d'entraînement. Tous avaient finis par savoir que Saïd avait été privé de sa magie, mais cela ne semblait le rendre qu’un peu plus intéressant aux yeux des Enfants de Ra.

- Ra aider toi retrouver magie. lui confia un des combattants lorsqu’il lu la frustration dans les yeux dorés de Saïd.
- Ra te viendra en aide. lui murmura doucement Zahra alors qu’une douce brise venait les caresser sur le balcon de sa chambre.
- Ra te rendra ta magie. n’avait de cesse de répéter Ali à chaque fois qu’il marchait aux côtés de son frère dans le Temple de Ra.

Si bien qu’un jour alors que l’astre du Soleil faisait lentement son chemin dans le ciel, Saïd lui jeta un regard curieux.





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MessageSujet: Re: Sons of Ra   Dim 5 Juil - 20:37


V.


“J’ai besoin de magie, mais j’ai plus besoin d’elle.”

- Je suis inquiet. Suis-je sur le droit chemin ? Ou n’est-ce qu’un mirage ?
Saïd est fort. L’Egypte coule encore dans ses veines, cela ce sent. L’Egypte l’accepte comme sienne, je l’ai bien vu lorsqu’il se baigna dans les torrents du Nil et lorsqu’il retrouva son chemin seul dans le désert. Mes frères l’appellent frère. Il est passé sous l’oeil de Ra allongé sur le lit de Feu et a été purifié par le coeur d’Anubis. Chaque épreuve prouve qu’il est bien Fils de Ra et pourtant… Même si ses pas le portent vers la lumière il reste aveugle. Il me laisse le guider mais lorsqu’il me regarde, ce n’est pas moi qu’il voit.
J’ai peur. Peur qu’il souffre du même mal que sa mère. Envoûté par les chatoiements du froid. Aveuglé par le gris, il ne peux voir le Soleil. Il songe à la femme, nuit et jour. L’Isis.


- Ne dit pas ça… Elle ne peut pas être-

- Je le sais Zahra. Ce qui fut, est et sera. L’Histoire se répète tel le Maat existe. C’est indéniable.

- Mais Isis...

- La déesse mère, l’épouse, la manipulatrice. L’amie des esclaves, des artisans et des pêcheurs. Celle qui trouva son pouvoir dans le mensonge et la tromperie envers Ra. Mère l’a nommé Seth dans l’espoir de lui transmettre sa force. Il l’est aussi, la tempête, la violence, le désordre et l’étranger, mais il est aussi Osiris. Celui qu’Isis ramena à la vie et dont la chair fut emprisonné dans un enfant. Un usurpateur seulement voué à la guerre. Créatrice d’Isfet !

- Ce qui fut, est et sera. Isis… Est-tu vraiment sûr ? Saïd et elle… C’est merwet, ça aussi c’est indéniable Ali.

- C’est là le plus tragique. Je m’efforce de soigner son corps mais comment atteindre son cœur ?
Perfide Isis ! Elle transforme toutes mes certitudes en doute, mes joies en craintes et mes espoirs en peurs ! Je vois mon petit frère devenir l’homme qu’il était sensé être, je vois ses blessures se guérir, je vois son esprit se vivifier mais je ne peux me réjouir en sachant ce qu’il se trame dans sa tête.

“J’ai besoin de magie, mais j’ai plus besoin d’elle.” a-t-il un jour confié à la Lune.

- Que faire Zahra ? Bientôt viendra le jour où Saïd aura droit à sa victoire, mais je ne peux le laisser retourner là-bas.

- Peut-être n’auras-tu pas à lui interdire cela ! Il a tellement changé, peut-être entendra-t-il la vérité ou la verra-t-il par lui-même ? Et cette femme, Zoya. Peut-être n’est-elle pas Isis mais Hathor ? Lorsqu’il parle d’elle, je ne vois que amour et joie ! Et son fils… n’est-il pas Fils de Ra lui aussi ? Comment peux-tu le vouer à Isfet ? Peut-être n’est-il pas Osiris ou même Seth ! Je refuse de croire que le Maat vous poussera au conflit.

- Ouvre les yeux Zahra. Le conflit a été là la seconde où nous nous sommes vu.

- Mais alors… ce qui fut…

- Je me fiche de mourir s’il le faut. Je ne perdrais pas mon petit frère.




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MessageSujet: Re: Sons of Ra   Ven 17 Juil - 16:06


VI.


Un silence lourd comme les colonnes de pierres du Temple de Ra s'abattit sur la cours d'entraînement et tout ceux s’y trouvant. Le vent balayait paresseusement le sable qui recouvrait le sol, le soleil s’éveillait tranquillement sur l’Egypte. C’était un matin comme un autre. Pourtant les chants joyeux, les encouragements des spectateurs et les grognements des combattants moururent tous en même temps. Au moment où la lame de Saïd se posa contre la trachée d’Ali.
Tout c’était arrêté et seuls les yeux des deux frères semblèrent vivre ce moment. Bleu dans le doré, doré dans le bleu, il conversaient silencieusement. Tous deux savaient ce que cette victoire signifiait et tout deux savait les conditions de la victoire. Pourtant, il n’y avait pas de peur dans le regard d’Ali mais de la fierté, la fierté d’enfin voir son petit frère réclamer la force qui aurait dû être la sienne. Une fierté qui aurait dû brillé dans les yeux du vainqueur mais celui-ci ne ressent rien de tel. Du soulagement, de l’incompréhension, de la peur ? Saïd n’avait jamais été bon pour comprendre ses propres émotions. Il y avait une chose qu’il comprenait cependant, c’était la question qui ricochait de plus en plus fort dans son esprit : et maintenant ?

Se redressant lentement sans baisser son arme, Saïd ne quitta pas son frère du regard. Il pouvait le sentir en lui et dans tous les regards portés sur lui. C’était à lui de décider. Ali resta au sol, n’essayant pas de récupérer sa propre arme pour sauver sa vie. Le combat était terminé et Saïd avait enfin gagné.
Pourtant, au lieu de planter son arme dans le coeur du perdant, Saïd la laissa retomber à ses côtés et tendit son autre main à Ali.

- Encore ? demanda-t-il avec un petit sourire incertain.

Ali observa son petit frère victorieux une seconde avant d’éclater de rire. Un rire entier qui fit sautiller ses épaules et qui creusa des rides dans son visage d’ordinaire si rigide. Les cris de victoire et de joie se répandirent parmi les spectateurs qui sautèrent et dansèrent en célébration. Ali prit la main de son frère qui l’aida à se relever avant que tous les Fils de Ra ne les rejoignent pour les féliciter du combat. Tous se bousculèrent pour donner une accolade à Saïd, jusqu’ici éternel perdant. La victoire étira enfin doucement un petit sourire sur le visage de Saïd.

¤ ¤ ¤

- Les prêtres veulent organiser une fête à l’honneur de ta victoire ! Ils ont l’air d’oublier qu’ils fêtent aussi ma défaite mais allons bon. Célébrer ne peux jamais faire de mal. annonça Ali.

Sa voix résonna parmi les innombrables colonnes gravées du Temple de Ra comme elle le faisait presque chaque jour depuis l’arrivée de Saïd mais aujourd’hui elle était plus légère, moins grave et ne sembla presque pas faire son chemin jusqu’aux oreilles de Saïd. Celui-ci ne réagit pas, fixant les écritures indéchiffrables sur la pierre.

- Saïd ? appela Ali d’un air perplexe alors qu’il rejoint doucement son frère. Il était vrai que Saïd s’était montré de plus en plus à l’écoute et concentré pendant leurs sessions mais il ne s’attendait vraiment pas à venir ici de lui même. Tu as gagné mon frère. Lui rappela-t-il d’une voix douce en posant une main sur son épaule. C’est peut-être le seul jour où tu n’as pas à être ici. Comme souvent, une question se cachait dans les mots de Ali. Mais Saïd ne l’entendit pas ou ne prit pas la peine d’y répondre car son esprit semblait ailleurs, perdu dans les écritures.

- Tu as dis un jour, que toute l’Histoire des sorciers d’Egypte est inscrite sur ces piliers. dit alors Saïd. Sa voix calme et posée surprit Ali. Un instant, il cru s’entendre.
- Oui, celle des Enfants de Ra tout particulièrement. répondit-il en tentant de ne pas paraître déstabilisé. Pour la première fois, il n’était pas celui qui menait la conversation et ne savait pas du tout où cela allait mener.
-  Es-tu sur un des piliers ? demanda alors Saïd d’un ton qui ne laissait transparaître aucune intention particulière. Mais Ali semblait discerner une idée derrière l’idée de son frère. Après un court silence, il répondit.

- Je le suis. Et toi aussi. Il laissa alors l’idée faire son chemin jusqu’au cerveau de Saïd qui quitta enfin le pilier des yeux et baissa la tête. Viens. encouragea Ali avant de marcher entre les innombrables piliers.

Les deux frères firent le chemin en silence. Bien que la salle n’avait pas de limite et s’étendait à l’infinie dans la pénombre parsemée de rayons de lumières, ils n’avaient exploré que le début. Le commencement du Monde, les Dieux originaux, l’Histoire. Tout ce qui suivait était le Maat, la répétition du cycle et des événements. Les réincarnations. Beaucoup de choses que Ali n’avait pas encore raconté à Saïd, beaucoup de pilier qu’ils passèrent. Le temps défilait au rythme des colonnes et c’est au bout d’une heure que Ali ralentit enfin le pas. Saïd avait commencé à remarquer des vides dans les inscriptions des piliers alentours, des zones encore vierge de toute écriture. Ils s’arrêtèrent devant une colonne semblable à toutes les autres, parsemées d’écritures que Saïd ne pouvait pas lire.

- Nous y sommes. annonça Ali sans parvenir à masquer une certaine émotion. Il laissa échapper un soupir discret et nostalgique. Il ne venait pas ici aussi souvent qu’on le croirait. Regarde. Ça c’est moi. Et ici. C’est toi, Saïd. désigna-t-il en glissant son doigt sur la surface sculptée de la pierre.
Le regard doré de Saïd se posa là où lui désignait son frère. Il effleura la pierre de ses doigts à son tour mais ne sentit que la surface fraîche et rêche de la pierre. Ces signes ne lui parlait pas. Il ne reconnaissait même pas son propre nom.

- Ta naissance y est inscrite. Ton départ, ton retour, ta victoire. C’est ici que se grave ta vie, ton histoire, celle d’un Fils de Ra.

A la suite de ce que lui désignait son frère, la pierre était encore pleine et lisse. Si immaculée qu’elle renvoya l’image de Saïd tel un miroir brumeux. L’Irlandais s’y contempla en silence. S’il avait observé le reflet de son frère derrière lui, il aurait pu y lire le trouble et l’inquiétude creuser lentement son visage, mais il ne le vit pas. A ce moment, il contemplait son avenir et son avenir n’était pas ici.

- Ramène-moi. demanda enfin Saïd d’un ton sans détour. Il n’y avait pas d’agressivité dans sa voix et c’est ouvertement et calmement qu’il se retourna vers son frère. Le trouble s’était transformé en tristesse sur le visage de l’Egyptien qui serra un peu plus la boite en bois rouge qu’il avait amené avec lui. Saïd ne la remarqua même pas, fixant les yeux bleus d’Ali comme pour l’empêcher de dévier de sujet.
- Tu as promis que tu me ramènerais si je gagnais. rappela Saïd.

Ali soupira et détourna tout de même le regard. Ses yeux se posèrent ensuite sur le grand pilier où s’inscrivait l’histoire de Saïd aussi bien que la sienne et celle de leurs ancêtres. Une pointe d’amertume se planta en lui alors qu’il se rendait compte une fois de plus que Saïd refusait de faire partit de ce à quoi il avait pourtant toujours dû appartenir.

- J’ai promis… la tristesse fit trembler sa voix mais le guerrier se reprit rapidement. Lorsqu’il baissa les yeux vers Saïd, il avait de nouveau revêtu son masque froid et dur. Ce que j’ai promis Saïd, c’est que si tu me tuais, les Enfants de Ra te-
- Ne fais pas ça ! coupa Saïd dont le visage s’assombrit enfin. Tu sais que ce n’est pas ce que je veux. Et ce n’est pas ce que tu veux non plus. Pense à Zahra. Nous n’avons pas à faire ça, Ali !

Bien sûr que ce n’étaient pas ce qu’ils voulaient. Saïd le savait maintenant. Si Ali faisait tout pour ne pas le laisser rentrer en Angleterre, ce n’était pas par sadisme ou par égoïsme. Il voulait simplement que son frère mène la vie qu’il aurait dû mener auprès de lui. Il voulait le voir s’épanouir au sein des Enfants de Ra et sous la protection de son Dieu. Là était la vie qu’il aurait dû vivre, mais ce n’était pas la vie qu’il choisissait. Saïd tenta de trouver un moyen de l’expliquer à son frère qui semblait préférer mourir que de le voir repartir mais rien ne vint.

- Ce que j’ai aussi promis, reprit Ali d’un ton ferme, c’est que je te rendrais fort et que nous te rendrions ta magie.

Le guerrier s’approcha alors de son frère et lui tendit la boite rouge. Malgré l’inquiétude et la frustration qui fronçait ses sourcils, il esquissa un petit sourire encourageant. Saïd, troublé, fini par la prendre délicatement et l’ouvrir. A l’intérieur reposaient sur du velours rouge deux bracelets d’or.

- Les prêtres l’ont fait forgé pour toi à ton arrivée. Il est temps.

Mettant les deux bracelets, Saïd fut surprit de les trouver parfaitement à sa taille. Le métal embrassait parfaitement les muscles de ses avant-bras comme si le bijoux avait été fait de tissu. Dessus, le symbole du de Ra, le disque solaire y était représenté avec des ailes et deux serpents. Le symbole de la Puissante Magie selon les Enfants de Ra mais Saïd ne pu s’empêcher de s’amuser de l'écho que celui-ci faisait avec le tatouage qu’il recouvrait.

- Tu as dû remarquer qu’ici, en Egypte, nous n’utilisons pas de baguette. expliqua Ali, quelque peu soulagé par la réaction adoucie de Saïd. La Magie est puissante ici. Utilise la magie et tu utilises l’essence des Dieux. Ce n’est une chose à faire que lorsque c’est nécessaire.

- Donc… C’est un genre de nouvelle baguette super puissante ? demanda Saïd, un peu perplexe. Il ne voyait pas du tout comment des bijoux dorés pouvaient l’aider à faire de la magie. Mais après tout, le faire avec un bout de bois fourré au crin de licorne n’était pas plus logique. Attend, t’as pas un sceptre toi ?

- Ceci n’est pas une baguette Saïd, c’est ton arme. expliqua Ali.

D’un seul geste, il sortit un bâton d’or qu’il fit tourner entre ses doigts et qui s’étira en un long sceptre. Avec un sourire, Ali posa à nouveau la main sur l’épaule de son frère et frappa le sol du bout de sa propre arme. La pénombre des rangées infinies de colonnes laissèrent place à la lumière éclatante du soleil de midi. Non loin, des appels joyeux se firent entendre des Enfants de Ra attablé à ce qui semblait être un grand banquet dans les jardins du Temple.

- Wow. Va falloir m’apprendre ça. souffla Saïd avec un grand sourire.

- Bientôt Sen. Mais avant fêtons ta victoire. répondit Ali avec le même sourire.






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MessageSujet: Re: Sons of Ra   Lun 20 Juil - 20:48


VII.


- Ne soit pas si stressé, murmura doucement Zahra en posant une main délicate sur l’avant bras paré de Saïd.
- J’suis pas stressé. rétorqua-t-il immédiatement d’un ton qui disait exactement le contraire.
- Tu tremble. Ne tremble pas. C’est un grand jour pour toi. l’encouragea-t-elle avec sa grande douceur habituelle.

Saïd ne tint plus en place et se défit de son étreinte légère pour se mettre à faire les cents pas. Ses sourcils étaient froncés et il n’arrêtait pas de tripoter ses bracelets d’or. Il souffla, soupira et fini enfin par exprimer ses doutes.

- C’est juste que je vois pas en quoi tout ça va faire que je vais récupérer ma magie. Écouter Ali, marcher dans le désert, faire trempette dans le Nil, cramer un jour entier sous le Soleil… Même bouffer le coeur d’un chien ! J’pensais que c’était que du bizutage à l’Egyptienne. Et ça… il tripota une fois de plus les bracelets que lui avait offert le Temple de Ra. C’est une arme, mais ça ne fait pas de moi un guerrier. Ou un sorcier. Je sais pas m’en servir et...
- Et ? fit écho Zahra de sa voix soyeuse et apaisante.
- Et même avec tout ça… Je ne me sens pas différent. Je ne le sens pas en moi. Je ne LA sens pas en moi. La magie… Et si ça échouait ? Et si je l’avais perdu à jamais ?

La jeune femme eu un petit sourire et revint poser sa main sur le bras de Saïd. Son toucher doux le rassura mais très peu. Il souffla. Elle vit prendre gentiment son visage entre ses mains et l’obligea a croiser son regard de jade.

- Aie foi, Saïd. Ais foi en tes frères et ais foi en Ra. Tu n’as pas à être différent. Tu ne retrouveras pas ce que tu as perdu mais tu libéreras ce qu’il y a toujours eu en toi. Ta vraie nature. Tu seras celui que tu étais destiné à être. murmura-t-elle et ses mots coulèrent dans l’esprit de Saïd comme l’eau d’un ruisseau limpide. Il ne la croyait pas complètement mais ce fut assez pour qu’il finisse enfin par se calmer, juste à temps pour l’arrivée d’Ali.

- Il est temps, Saïd.

Il ne posa pas une main sur son épaule, mais son simple regard bleu ferme et fier suffit à donner assez de courage à son petit frère. Saïd poussa l’épaisse porte à double battant qui menait à la salle du Soleil et s’avança.

De part et d’autre de la voie centrale tous les Fils de Ra étaient alignés pour former un couloir jusqu’a l’autel. Certains exhibèrent des sourires rassurant à Saïd mais la plupart avaient revêtu un masque cérémonieux. Alors qu’il continuait de marcher, l’Irlandais remarqua que tous portaient leurs armes pour l’occasion.
Saïd gravit les quelques marches de pierre rouge qui menait à l’autel et s’arrêta devant, face aux trois prêtres présents. Il reconnu l’un d’eux avec lequel il aimait converser à propos du passé. Ce fut celui qui prit la parole.

- Avance Saïd, Fils de Ra. Tu es né ici même. Tu es le fils de Leïla, Fille de Ra et notre frère à tous. Tu étais perdu, mais tu nous es revenu. Qui tu étais, tu es et tu seras.

- Ce qui était, est et sera ! récita l’assemblée qui frappèrent une fois en unisson sur leur arme.

- Allonge-toi, Fils de Ra. Allonge-toi devant ton père et notre père à tous car c’est ici que tu renaîtras. Ensemble, nous appelons notre père. Nous appelons notre père de t’apporter le Maat.

Saïd s'exécuta et s’allongea sur le lit de pierre devant les trois prêtres. Dans l’assemblé, un lent battement métallique naquit. Ceux qui possédaient des sceptres ou des lances frappait le sol de leur bout, ceux qui choisissait l’épée les firent tinter contre leur fourreau, ceux qui avaient des bracelets les frappaient l’un contre l’autre, ceux qui avaient des grelots secouaient leur chevilles… Tous participaient à une mélodie rythmée de tintement métallique. Cela ressemblait presque à des tambours de guerre mais ça avait quelque chose de rassurant aux oreilles de Saïd. Il ne se sentait pas seul et entouré de ses frères, il sentait une certaine force et une fierté naître en lui.

Ce qu’il sentait mais ne pouvait pas voir depuis l’autel, c’était que chaque coup sur les armes des enfants de Ra faisait étinceler le métal et leur lumière remplissait de plus en plus la salle. S’ajoutant à la lumière du Soleil à son zénith, il renforçait le rayonnement de l’astre divin. Ils continuèrent jusqu’à ce que toute la pièce soit baigné d’une lueur blanche aveuglante.

Puis soudain, tous s’arrêtèrent et la lumière disparu. Même celle du Soleil et du ciel de midi. Le temple fut entièrement plongé dans la pénombre à l’exception de la dague que le prêtre brandissait au dessus de Saïd. La lumière condensée dans l’arme lui donnait l’air d’être immatériel. C’était comme s’il avait le Soleil dans les mains.

- Renaît, Fils de Ra. annonça le prêtre avant de plonger la dague dans le coeur de Saïd.



Ce dernier se figea. Il ne savait pas si c’était la surprise, la peur, que le stress avait donné une crise cardiaque ou si il était simplement mort sur le coup. Mais au moment où il se rappela qu’il n’en avait rien à foutre, il remarqua qu’il n’avait senti aucune douleur. Aucun coup, même.

Il se releva soudainement, reprenant sa respiration comme s’il sortait d’un horrible cauchemar. Son coeur qui cognait violemment dans sa poitrine lui permettait de savoir qu’il était bel et bien encore vivant et que son coeur se portait à merveille.
Il ne su toujours pas si c’était la terreur ou l’angoisse mais il sentit une vague de picotement vibrer à travers tout son corps alors qu’il bataillait pour retrouver sa respiration. Une nouvelle crise d’angoisse ? Ce n’était définitivement pas le moment. Mais Saïd ne sentit pas le blocage mental dont il se souvenait de la dernière fois dans l’appartement de Zoya. Au contraire, son cerveau semblait tourner très activement pour essayer de comprendre ce qu’il venait de se passer.
Il ne le comprit pas tout de suite mais ses yeux se posèrent sur les bracelets d’or qu’il avait toujours aux bras. Ces derniers s’étaient mis à briller d’une étrange aura dorée. Les joyaux étincelaient et le bijoux émanait une douce chaleur. Les sourcils de Saïd se froncèrent légèrement. Ce n’était pas seulement de la chaleur qu’il pouvait sentir contre ses avant bras. C’était une douce vibration qui, bien que plus prononcée près des bracelets, prenait source au plus profond de son corps. Un nouveau flux d’énergie qui coulait dans ses veines.
Levant un poing triomphant, il ne put s’empêcher de pousser un cri de victoire qui fut rapidement accompagné par tout le reste de l’assemblée.

Enfin, il se sentait à nouveau entier. Enfin il l’avait. La Magie.





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MessageSujet: Re: Sons of Ra   Mar 21 Juil - 17:18


VIII.


Saïd se réveilla paisiblement dans son lit, chatouillé par les rayons du soleil. Il ne savait si c'était la bonne nuit de sommeil ou le fait d'avoir enfin récupérer sa magie, mais il se sentait particulièrement en forme. Avec un sourire, il salua sa gaule matinale et s'étira en baillant bruyamment. C'était une belle matinée.
Mais quelque chose arrêta Saïd dans sa bonne humeur matinale et le fit froncer les sourcils. C'était bien la première fois qu'il se réveillait ainsi, bien reposé et seul. D'ordinaire, Ali, Zahra ou un autre Fils de Ra venait le réveiller de son sommeil profond pour le petit déjeuner. L'avaient-ils laissé dormir pour se remettre de la cérémonie ?

L'Irlandais sauta à bas de son lit, s'habilla rapidement d'un pantalon et d'une chemise de toile blanche avant de sortir de sa chambre. Il croisa plusieurs Fils de Ra qui lui donnèrent une accolade sur le chemin de la court d'entrainement mais toujours aucun signe d'Ali. Il n'était pas non plus dans la salle de baquet et ce qui étonna Saïd était que sa femme n'y était pas non plus. Intrigué, il fit l'impasse sur le petit déjeuner et se dirigea vers la chambre du couple.

Lorsqu'il entra, il trouva Zahra sur le balcon en train de pleurer.
- Zahra ? Appela-t-il.
La jeune femme sursauta et bien qu'elle tenta rapidement de le cacher en essuyant ses larmes, Saïd put sentir une panique extrême en elle.
- Tout va bien ?
- Oui ! Tout va bien ! Je- Je- C'est juste… Je suis contente pour toi ! Tu as ta magie ! Répondit-elle.
Mais chacun de ses mots semblait la blesser un peu plus et elle peina à ne pas éclater en sanglot à nouveau. Malgré son sourire tremblant, ses yeux fixaient ceux de Saïd d'un air complètement terrorisé.
- Qu'est-ce qui se passe Zahra ? Où es Ali ? Demanda Saïd d'un ton méfiant alors qu'il se rendait bien compte qu'elle lui manquait.
La jeune Egyptienne secoua la tête de gauche à droite et recula d'un pas avant de se rendre compte qu'elle était bloquée par la rambarde du balcon. Elle eu un petit couinement de désespoir avant de finalement exploser en sanglot en tombant à genoux devant Saïd.
- Je suis tellement désolé Saïd ! Tellement désolé ! Je l'ai supplié ! Je l'ai supplié de ne pas le faire mais quand il a vu que tu insistais… J'ai tout fais pour l'en empêcher mais il ne m'a pas écouté ! Je sais à quel point tu l'aimes ! Je suis tellement désolé ! Pleura-t-elle à chaude larme.
Saïd sentit sa gorge se serrer et lui aussi recula d'un pas.
- Faire quoi Zahra ? Faire quoi ?! Où est Ali ? OU EST-IL ?! Hurla-t-il, craignant de déjà connaître la réponse.
Zahra resta muette, sanglotant sur le sol. Il l'attrapa soudainement par le col et plongea son regard furieux dans le sien.
- Ramène-moi ! RAMÈNE-MOI ! Ordonna-t-il en sentant la rage monter en lui mais elle continua de pleurer en secouant la tête. Il cru un instant qu'il allait la frapper mais il la laissa retomber sur le sol.
Son regard se porta alors sur les deux bracelets dorés qu'il portait toujours à ses avant-bras.
- Non Saïd ! Tu ne peux pas ! Tu ne sais pas comment faire, tu mourras ! Couina Zahra avec horreur.
- J'vous encule tous. Répondit Saïd d'un ton haineux avant de disparaître dans un flash blanc.





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