AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Forum Recherche Sorciers Maisons S'enregistrer Connexion

Partagez | 
 

 Prison de chair

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
NPC Amy

avatar



Messages : 460
Date d'inscription : 17/03/2013

MessageSujet: Prison de chair   Sam 28 Mai - 21:48

Il se souvenait de ce jour comme si c’était hier et pourtant, cela faisait déjà deux bon mois à présent. Il se souvenait de s’être réveiller et de n’avoir plus rien senti. Ses yeux posés sur le plafond rougeâtre d’une chambre, il avait vu passé le visage d’Eshe, l’avait entendu de lui demander de serrer sa main et lui, du haut de ses dix ans, vouloir lui demander « quel main ? » mais n’entendre aucun son sortir de sa bouche.
Le contact de la sorcière éliminait le sentiment de panique qui le gagnait mais à peine avait-elle commencé cela que la colère vint lentement s’insinuer en lui. Il ne supportait pas qu’on le prive ainsi de ses sentiments, aussi négatif pouvait-il être, il devait ressentir chacun d’entre eux car c’était chacun d’eux qui le définissait. Mais il était incapable de pouvoir émettre le moindre son et lorsqu’il senti que sa colère aussi s’évanouissait, la rage le remplaça bientôt et il hurla cette fois !

*STOP !*

Et la prêtresse leva sa main, observa le jeune garçon. Elle eut un sourire bienveillant et se décida à le laisser se reposer. Les prochaines heures furent plus laborieuses encore alors qu’on lui annonçait sans détour qu’il avait sauté du haut des toits, qu’il avait survécu mais qu’il avait perdu l’usage de ses membres. Paralyser…Prisonnier de son corps.
Il avait été habitué à être prisonnier, lui qui n’était un esclave mais dans ce malheur, Telg avait accepté sa destinée, si les dieux l’avaient mis sur ce chemin, ce n’était pas pour rien et il comprit rapidement qu’il avait eu raison de croire cela lorsque Malick,  l’un de ses maîtres mais le plus important d’entre eux, découvrit ses capacités et décida de les exploiter pour la guerre. Il n’était pas un soldat mais Telg avait eu le plaisir de trouver une place dans un monde qui l’avait toujours rejeté.

Mais être prisonnier de lui-même…C’était une situation qu’il n’acceptait pas aussi facilement. Privé de son corps et du peu de liberté qu’il possédait. On lui fournit une chaise roulante, sa magie lui permettant de se mouvoir sans soucis mais comme à son habitude, Telg restait à l’abris, entre les murs du temple, fantôme de l’ombre, l’albinos évitait Ra et sa morsure.
Deux mois s’étaient écoulés depuis ce jour funeste, deux mois où il apprit à communiqué, envoyant ses paroles directement dans la tête de ceux qui s’adressaient à lui. Une attitude qui en faisait fuir un peu et le condamnait à une solitude plus profonde encore mais il ne voulait pas se retrouver à n’être qu’un poids mort.

Alors il perfectionnait ses dons, sa capacité à s’introduire dans l’esprit des gens mais aussi à protéger le sien parce que jamais plus il ne laisserait quelqu’un prendre le contrôle de lui-même. Il avait beau être condamner à être laver par quelqu’un d’autres que lui-même, condamner à subir l’humiliation de devoir se soulager dans des couches, il se jurait d’être impitoyable avec ses ennemis…

Les yeux clos, l’albinos voyageait, d’esprit en esprit, aussi discret qu’une ombre, c’était ainsi qu’il pouvait profiter de l’extérieur, qu’il pouvait sentir des choses, il n’avait plus besoin de corps faible pour pouvoir posséder mais aujourd’hui, il ne faisait que passer d’un enfant de Ra à un autre. C’est comme ça qu’il sut qu’il aurait très bientôt de la visite et qu’il rouvrit les yeux à l’instant où on le rejoignit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Eli

avatar

PNJ


Messages : 490
Date d'inscription : 24/02/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Sam 28 Mai - 22:29

Rê poussa timidement la porte de la pièce sombre. Il vit le corps allongé de Telg, pâle comme la mort comme à son habitude et ne su s’il devait s’en sentir soulagé ou inquiet. Il observa la pénombre autour de lui, comme s’il avait peur que quelque chose s’y cache. Mais il savait que c’était absurde et de toute manière il n’était plus un bébé qui avait peur du noir alors il pinça les lèvres et rentra à l’intérieur.
Il s’approcha de Telg mais ne dit rien du tout pendant quelques secondes où il n’osa même pas vraiment croiser son regard. Parce qu’il savait quelque part qu’il ne pouvait plus vraiment lui répondre, ou faire quoi que ce soit en fait. Sa mère l’avait simplement interdit de venir voir l’albinos et avec le temps c’était les rumeurs du Temple qui avaient finies par lui révéler le funeste destin de son esclave attitré.
Ils avaient passés beaucoup de temps ensemble, de gré ou de force finalement pour tous les deux. Mais ils s’étaient vu beaucoup moins depuis que son père Malick avait descellé le fait que l’enfant blanc pouvait avoir plus d’utilité que simple chimère destiné à servir d’adversaire pour son plus jeune fils, trop distrait des arts de la guerre à son goût. Ils n’étaient pas amis, ni même n’étaient réellement maître et esclave. En fait Rê ne savait même plus pourquoi il était là bien qu’il ai fait beaucoup d’efforts pour échapper à l’attention de sa mère pour s’introduire ici.

- Je… hésita-t-il doucement en pensant que se mettre à parler lui donnerait peut-être une idée de quoi dire mais sa bouche était aussi aride que le désert d’Egypte.
Il referma la bouche, un peu bête et contempla un peu plus longtemps le corps immobile et blanc de Telg. La curiosité morbide lui donna envie de le pincer, juste pour voir si ce qu’on lui avait raconté était vrai. Mais il se retint, laissant juste sa main flotter dans l’air devant son visage sans en faire quoi que ce soit.
- Il m’ont dit que tu ne sentais plus rien. répéta-t-il finalement en baissant les yeux sans savoir s’il était sensé en être rassuré ou attristé. En fait il ne savait pas du tout quoi penser ou ressentir devant le triste état de Telg.
- Je… J’imagine... qu’on ne me demandera plus de te frapper. marmonna-t-il mais une fois de plus il ne parvint pas savoir s’il se sentait soulagé de ce fait ou déçu.

Il n’avait jamais voulu faire du mal à cet esclave mais en même temps il était trop difficile pour lui de songer à décevoir son père. Et depuis que Malick avait placé un intérêt tout particulier en Telg, il serait mentir que de dire qu’il ne se sentait pas un peu jaloux et déprécié. Il ne voulait pas en vouloir à l’albinos cependant et il était incapable d’en vouloir a son père alors il l’avait simplement accepté, allant bouder dans les jupons de sa mère qui le rassura que ce n’était pas forcément une mauvaise chose. Les choses qu’on demandait à l’Ubaid, elle ne le souhaitait pas à son fils.
Mais aujourd’hui Telg était incapable de bouger ou même parler. Etait-ce pour vérifier qu’il allait bien ou pour s’assurer qu’il était bien détruit qu’il était venu aujourd’hui ? Rê se sentit ses oreilles rougir et ses yeux le picoter lorsqu’il se rendit compte que même cela, il n’en avait pas la réponse.
- Je… prierais pour toi. Peut-être… Peut-être que Ra te viendra en aide ? insista-t-il doucement mais il pouvait sentir que ses mots étaient tissés de politesse et de bon sentiments sans être forcément les siens.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Amy

avatar



Messages : 460
Date d'inscription : 17/03/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Sam 28 Mai - 22:54

Ces moments, il aurait probablement dû les haïr mais il trouvait quelque chose de familier dans le fait qu’il soit obligé d’écouter Rê. Il ne détestait pas l’enfant, dans une autre vie, il aurait aimé pouvoir en faire son ami mais dans cette vie, Telg s’était destiné à ne s’attacher à personne. Il était au service des autres, ni plus, ni moins, l’amour n’avait pas de place dans cette vie parce qu’on lui avait interdit d’être aimé, et par les dieux, et par les hommes et dans une logique implacable, il s’était interdit d’aimer.
L’enfant pourtant se mentait probablement un peu à lui-même, car dans la dureté des désirs de Malick, il avait su trouver une certaine fierté à être au centre de son intérêt par moment, il n’avait rien d’un père et il ignorait tout de ce que pouvait être un père mais c’était au fond ce qui s’en rapprochait probablement le plus au final.

Ses yeux fixaient toujours le plafond, il pouvait voir dans sa vision périphérique le visage de l’enfant qui l’avait nommé Telg…Son premier véritable prénom et au fond, il ignorait s’il lui en était reconnaissant ou non mais il avait fini par adopter cette identité et d’autres l’adoptèrent aussi. Fermant doucement les yeux en entendant les dernières paroles de Rê, il fit quelque chose qui pourrait probablement lui couter la vie mais il s’insinua doucement dans l’esprit de son petit maître.

*Vous devriez garder votre prière pour ceux qui le méritent maître.*

Il marqua une pause, ouvrant les yeux pour retrouvant la couleur familière du plafond.

*N’ayez pas peur*

Ajouta-t-il pourtant en sachant pertinemment à quel point il pouvait être déroutant d’entendre une autre voix dans sa tête que la sienne. S’il ne pouvait ressentir de l’amour, c’était son devoir que de se soucier de ses maîtres et au fond, effrayer Rê serait prendre le risque qu’il répète ce qui se passait en cet instant et prendre le risque qu’on le punirait pour avoir franchi le seuil de l’âme de l’enfant.
Parfois, il en oubliait que lui-même n’était pas plus âgé que Rê, leur vie était tellement différente, il y avait très longtemps qu’il avait cessé d’être un petit garçon innocent et naïf d’ailleurs, il se demandait parfois s’il l’avait été un jour. C’était probablement pour cette raison qu’il se représentait toujours beaucoup plus vieux lorsqu’il se "matérialisait" dans l’esprit de ceux qu’il pouvait posséder.

Mais là, il n’y avait que sa voix qui raisonnait dans la tête de Rê, lente, avec un peu d’échos et une diction presque parfaite.

*Vous ne devriez pas être ici…Vous n’aimez pas le noir*

Rappela-t-il simplement, peut-être dans l’espoir que l’enfant se rappellerait de cette peur et s’en irait simplement.

*Et je ne vous suis plus d'aucune utilité maintenant*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Eli

avatar

PNJ


Messages : 490
Date d'inscription : 24/02/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Sam 28 Mai - 23:18

Rê laissa échapper un écho de surprise et plaqua ses mais sur sa bouche comme pour s’empêcher de parler même si la voix qu’il entendait n’était pas la sienne mais bien celle de Telg. Il l’écouta et le dévisagea avec attention pour s’assurer qu’il n’avait pas rêvé ou imaginé cette voix.
- J’ai pas peur ! rétorqua l’enfant machinalement lorsque celui-ci lui demanda de ne pas avoir peur.
Mais c’était si étrange de jouer les fier devant le corps paralysé du petit esclave qu’il pinça rapidement les lèvres pour se réduire au silence. Devrait-il avoir peur ? Devrait-il prétendre d’avoir peur pour contenter un peu Telg qu’il n’était pas complètement pathétique. Encore une fois Rê eu l’impression qu’il ne savait pas du tout ce qu’il voulait ou plutôt ce qu’on aurait attendu de lui dans ces circonstances. Il savait que sa mère ne voulait pas qu’il soit là, mais il était là alors…
Telg reprit la parole, mais ses mots n’eurent pas plus d’impact dans l’esprit de son maitre que s’il les avait simplement marmonné en bougeant les lèvres.
- J’aime pas le noir mais j’t’aime toi ! riposta Rê sans vraiment se rendre compte du sens de ses paroles.

C’était pourtant vrai. Si Malick lui avait offert cet esclave au début c’était pour l’initié à l’idée qu’ils y en avait dans ce monde qui ne méritaient pas d’être aimé. Rejeté par le Dieu Soleil lui-même, il ne méritait aucune compassion, simplement le châtiment divin. Mais ça n’avait pas suffit ou alors c’était déjà trop tard car grandissant parmi les siens, Rê n’avait jamais eu à haïr, seulement aimer. Peu importe à quel point son père, sa mère ou d’autres lui rabâchaient que les Enfants de Ra étaient différents des autres, différent de ceux comme Telg, il ne voyait pas en quoi cela leur attribuait le mérite d’un amour exclusif. Eshe ne disait-elle pas que l’amour n’avait pas de limite ?
Mais Rê ne pensait pas jusque là en répondant sincèrement et aussi librement que sortait ses pensées. Il s’approcha un peu plus de Telg, comme pour lui prouver qu’il était là et qu’il ne partirait pas sans l’avoir décider.
- Et puis j’ai pas peur. répéta-t-il d’un ton boudeur et acharné. Ni du noir, ni de toi. J’ai entendu la voix de Ra plusieurs fois déjà. La tienne est bien moins impressionnante. souffla-t-il d’un air hautain faux et puéril.

Mais encore une fois, se retrouver devant un corps inerte le força a couper court à sa comédie. C’était un réflexe de bomber le torse pour le plus petit des fils de Malick, pour amuser la galerie comme pour se défendre du regard et du jugement des autres. Mais Telg n’était pas comme les autres et lui n’avait de toute manière par le droit de juger un Fils de Ra. Rê s’efforça de ravaler ses pitreries et baissa les yeux, soudain légèrement coupable et gêné.
- Et toi, Telg… T’as peur ? questionna-t-il alors timidement sans savoir la réponse qu’il attendait.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Amy

avatar



Messages : 460
Date d'inscription : 17/03/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Sam 28 Mai - 23:35

Il eut un sourire, bien malgré lui, lorsqu’il entendait cette soudaine déclaration d’amour aussi spontanée que sincère. Mais il chassa rapidement cette sensation chaude dans son cœur, il ne pouvait aimer et être aimer, c’était ainsi. Malgré cette pensée, il ne s’autorisa pas à contredire son jeune maître, il comprendrait en grandissant que Telg n’était pas de ceux qu’on pouvait aimer. Il écouta son ton boudeur, y retrouvant quelque souvenir familier, lui rappelant que même s’il ne pouvait plus se mouvoir aussi "librement" qu’avant, rien n’avait véritablement changé. Alors, lorsqu’il lui demanda si lui, il avait peur, un nouveau sourire étrange passa sur ses lèvres.

*De quoi devrais-je avoir peur ?*

Lui demanda-t-il simplement. Telg avait beau avoir le même âge que Rê, il était facile de voir à quel point deux vies différentes pouvaient faire grandir deux personnes à des vitesses complètement opposée. L’esclave ne s’estimait pas mature mais il avait appris la résiliation il y a des années et avec elle, le fatalisme n’avait jamais été bien loin dans l’esprit du garçon.

*Je n’ai plus mal* lui rappela-t-il même si intérieurement, l’esclave souffrait réellement de sa condition et de l’humiliation que cela avait été de voir ses propres armes se retourner contre lui. Posséder les gens lui avait conférer un sentiment de toute puissance et Ra l’avait à nouveau bruler de sa lumière pour lui rappeler où était réellement sa place.

*On ne peut plus rien me faire subir de pire*

Et c’était bien cette pensée précise qui l’avait fait tenir et se raccrocher. Il n’était qu’un corps qu’on pouvait tuer aussi facilement qu’on écrase un insecte mais dès l’instant où on lui ôterait la vie, on le libérait de cette prison et tant qu’il se trouverait enfermer dans ce corps, il pourrait à loisir posséder ceux des autres et être autrement plus puissant dans un monde qu’il connaissait bien mieux que la réalité. Un monde où il pouvait à nouveau marcher, voler, courir, un monde où même la lumière de Ra n’était plus un problème.
Alors était-il réellement à plaindre ? Il avait perdu son corps et sa dignité mais il se promettait qu’il trouverait quelque chose de bien mieux au bout du chemin. Et si ce n’était pas Ra qui le guiderait en son sens, Malick lui serait exploiter ses capacités.

*Maître* Appela-t-il doucement *Que vous dit-Il ?*

Animé d’une certaine curiosité, il ne s’était jamais permis ce genre de question en temps normal mais aujourd’hui, il n’y avait que Rê pour l’entendre…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Eli

avatar

PNJ


Messages : 490
Date d'inscription : 24/02/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Dim 29 Mai - 0:11

Rê l’écouta sans répondre. Il ne savait pas lui-même ce qu’il cherchait à savoir en lui posant cette question. Peut-être était-ce pour le narguer en retour, ou peut-être par réel souci, ou peut-être encore espérait-il l’entendre dire que lui avait peur de se retrouver enfermé ainsi alors que Rê lui pouvait jouir de sa liberté comme il l’avait toujours fait ?
Il l’écouta néanmoins. Dans sa tête il ne pouvait voir ses expressions mais il eu l’impression de ressentir le moindre souffle, la moindre vibration et la moindre émotion dans la voix qu’il entendait. Tout ce qu’il disait était d’une grande tristesse et pourtant sa voix n’en exprimait aucune et Rê ne pu en ressentir vraiment lui-même. Car il ne ressentait ni courage, ni acharnement, ni orgueil derrière ces paroles contrairement aux siennes. La force de Telg ne résidait pas dans ses efforts comme pour Rê le petit turbulent mais dans quelque chose d’ancré bien plus profond en lui.

Rê eu l’impression que son père le comprenait mais lui non, forcé de céder l’attention de chef du Temple de Ra a ce qu’il pensait n’être qu’un simple esclave qu’on lui avait destiné. Il l’admirait autant qu’il le jalousait mais sans jamais pouvoir lui en vouloir ou le combattre. Car ils étaient simplement différents et ce que son père avait vu en Telg, Rê savait qu’il ne l’avait pas. Cette tranquillité, cette obéissance, cette dévotion acharnée. Peut-être qu’il l’aurait méprisé s’il avait pu comprendre ce qu’était la résiliation mais alors que son père lui demandait constamment de se battre, il ne pouvait vraiment l’assimiler.

L’enfant hocha alors bêtement la tête en acquiesçant sans vraiment comprendre mais sans le questionner ou le contredire. Telg l’appela doucement dans son esprit et Rê baissa la tête comme il le faisait lorsque son père l’appelait. Rê ne s’était jamais vraiment sentit maître face à l’esclave, même malgré leur âge similaire il n’était jamais parvenu a ne pas se sentir même un peu intimidé à chaque fois. Mais la question de l’albinos su le guider sur des terrains que lui seul connaissait. Rê se sentit doucement sourire malgré lui.

- Il… commença-t-il mais se rendit compte rapidement que ce genre de choses avaient toujours étés compliquées à transcrire en paroles. Il s’était prêté à l’exercice face à ses frères, son père et sa mère, si fier au premier abord d’avoir quelque chose à leur raconter, mais avait échoué misérablement. Seuls les prêtres parvenaient à faire preuve d’assez de patience pour lui permettre de mettre les mots sur ce qu’il voyait et ressentait à chaque fois. Il tenta de se remémorer ces paroles, plutôt que la vrai vision.

- Il me montre le monde… et la guerre… mais… c’est différent que ce qu’on me raconte. Je vois… la lumière… et le feux… l’ombre… et l’eau… des coeurs qui battent, d’autres parfois… qui s’arrêtent. Parfois ce sont des silhouettes… Je peux voir leurs armes, entendre leurs cris, goûter à leur sang. Parfois c’est simplement… Simplement… la lumière. murmura-t-il sans parvenir à cacher l’émerveillement dans sa voix. Mais il se força à revenir avant que les mots ne l’emmènent trop loin et releva ses yeux clairs vers Telg, se doutant que comme toujours, ses mots n’avaient aucun sens pour les autres qui ne le prenait que rarement au sérieux.

- Il… ne parle pas en mots et en phrase… comme toi.
se justifia-t-il avec une moue un peu boudeuse, sur la défensive.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Amy

avatar



Messages : 460
Date d'inscription : 17/03/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Dim 29 Mai - 0:43

Telg ignorait s’il était véritablement croyant ou non, ce qu’il savait c’est que si dieux il y avait, aucun d’eux n’avait jugé qu’il était digne de leur intérêt. Pourtant, ne se trouvait-il dans le temple de Ra. Il aurait probablement dû y voir un signe mais plus que n’importe où ailleurs, ici on le dévisageait et on l’évitait. Avec sa peau blanche, incapable de supporter la lumière, ses yeux aux couleurs indéfinissables et aux pupilles rouges ne pouvaient même pas supporter le moindre regard vers Ra…Les dieux devaient probablement se jouer de lui, s’amuser de son malheur plus que de se soucier de son existence. Il n’y avait pourtant aucune colère contre Eux, tout comme il n’avait jamais été en colère contre Malick qui ordonnait à son fils de lui faire du mal ni même contre le fils qui obéissait. Ainsi était faite la vie, c’était là où était sa place et lutter contre ça n’était pas nécessaire selon lui.

Il écoutait les paroles de Rê, ne sachant pas vraiment ce qu’il attendait de sa réponse, un peu de réconfort peut-être ? Un peu d’espoir ? Mais il ne trouva rien de plus que des mots, des images et des sensations. Cela ne provoquait rien en lui, alors il écoutait simplement. Ses yeux rivés sur le plafond, il s’imaginait le ciel bleu sans le moindre nuage et le soleil au-dessus de leur tête. Rê était son exact opposé, lui qui aimait tant l’astre de jour aurait probablement préféré que la nuit ne réapparaisse jamais là où Telg se sentait mieux devant la Lune. Rê était un enfant turbulant, aimant et parfois même impulsif alors qu’il se contrôlait, restait calme et se refusait catégoriquement de s’attacher en quiconque ou quoi que ce soit.

*Je peux aussi parler comme ça…*

Il ignora ce qui le poussa à faire ça mais il envoya une vive lumière dans l’esprit du garçon et lui fit écouter ce que lui-même pouvait parfois écouter. Il emmena Rê dans ses voyages, depuis qu’il était destiné à vivre sa vie sans bouger, il s’offrait une liberté tout autre. Son maître avec lui, il lui fit écouter les cœurs battants des résidents du temple mais il s’en éloigna, encore et encore, et ce fut un tout autre cœur qu’ils entendirent battre à la chamade. Une montagne de corps saignés se dressait devant eux et les deux enfants se tenait debout, en retrait, observant un homme dégager ceux-ci pour pleurer au-dessus de l’un en particulier. Depuis ce jour, Telg s'était montrer beaucoup plus discret, n'apparaissant qu'occasionnellement dans l'esprit de cet homme qu'il avait possédé, désirant voir son œuvre faire son chemin...Il y avait quelque chose de bon à ne pas être seul à souffrir.
L’image ne dura qu’une fraction de seconde à peine, un nouveau flash lumineux, un nouveau cœur qui bat, d’autres sentiments, et c’est à présent parmi les souvenirs de Rê qu’il se baladait, le jour de leur première rencontre, ils n’avaient que cinq ans et cette première rencontre marquait déjà la nature de leur relation car le père força le fils à se placer en maître devant l’esclave. Il encaissa ses premiers coups.

Un autre flash et il libéra Rê de ses sensations et visions. Il aurait voulu lui dire de ne surtout pas s’excuser pour cela mais il n’était pas en position d’exiger quoi que ce soit de la part de son maître alors il posa simplement une autre question pour le détourner de sa possible culpabilité.

*En quoi est-ce différent ?*

Il ne mettait pas la parole de son maître en doute mais il était difficile pour lui de vraiment comprendre. Il aurait senti la moindre présence néfaste d’un inconnu dans l’esprit de son maître mais cela ne l’empêchait pas de vouloir comprendre parce qu’à l’inverse…Il ne ressentait pas plus ce que celui-ci ressentait. Ra savait se montrer exclusif visiblement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Eli

avatar

PNJ


Messages : 490
Date d'inscription : 24/02/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Dim 29 Mai - 9:19

Par réflexe, Rê s’entendit prendre une grande inspiration en sentant la lumière inonder son esprit. Mais il put sentir rapidement que ce n’était pas pareil qu’une vision. Il n’y avait pas la chaleur, cette présence puissante et oppressante de son Dieu qui l’envahissait et le remplissait des pieds à la tête. Seulement de la lumière, comme celle d’un sortilège éblouissant.
Il put entendre des battements de coeur de ses frères et ses soeurs du Temple de Ra et cela ne manqua pas de le faire sourire. Il avait l’impression d’entendre tinter des petits grelots au loin que Telg l’éloignait encore et encore pour rejoindre un autre coeur. Ils se retrouvèrent devant une montagne de cadavres sanglants mais le jeune Rê n’avait pas perdu son sourire émerveillé. Il contemplait ce que lui montrait l’albinos telle une des nombreuses fresques sur les murs de leur Temple et bien que l’image était cruelle et triste, il ne pouvait s'empêcher d’être impressionné par la finesse et la clarté de l’illusion. Il pouvait lire les visages figé par la mort de chacun des corps, observer leurs armes et leurs habits comme s’ils s’étaient réellement trouvés juste devant lui.
Le seul homme vivant et animé dans ce tableau de mort pleurait en serrant désespérément le corps de son ami sous le regard des deux enfant. Rê leva une main vers lui, hypnotisé par cette vision si réelle. Il avait l’impression qu’il pouvait le toucher, sentir l’humidité de ses larmes sur la peau de ses doigts et ses frissons de tristesse.

Mais avant qu’il ne puisse toucher du doigt le survivant, un nouveau flash vint changer la fresque. Une qu’il connaissait mieux car elle appartenait aux murs de ses propres souvenirs, colorés de ses propres émotions. Rê ne perdit pourtant pas son sourire d’enfant à son comble de l’amusement, même face à ses propres actions du passé. Il avait l’impression de revoir un morceau de sa vie bien plus nettement qu’il ne pourrait jamais le faire dans sa propre tête. Des mots, des gestes, des sensations qu’il ne pensait pas avoir gardé en lui et que pourtant Telg avait su faire ressurgir si facilement et clairement.
Ce qui était, est et sera, ne put-il s’empêcher de songer avec douceur et joie en comprenant que bien que son esprit ne saurait pas le retrouver par lui-même, chaque instant de sa vie l’accompagnerait toujours au fond de lui. Ils étaient éternels.
Un autre flash et cette fois ils étaient de retour à la réalité. Rê observa à nouveau le corps inerte de Telg et il se rendit compte un peu tristement qu’il aurait voulu faire plus attention à celui qui l’accompagnait dans ce petit voyage. Il l’avait sentit à côté de lui mais son regard avait été trop envoûté par les tableaux qu’il lui montrait. La réalité semblait quelque peu plus fade maintenant, surtout pour lui.

- Tes… visions sont bien plus claires que les siennes. flatta-t-il avec un sourire encore émerveillé et joyeux.

Mais la différence avec les visions que ses pouvoirs de prophète lui donnaient ne résidait pas dans la clarté de l’image ou même son contenu. En fait, ses visions n’étaient pas seulement des images ou un simple voyage dans l’esprit d’un autre homme. Car Ra n’était pas un homme.
Rê chercha un moyen de mieux l’expliquer mais comme toujours les mots lui manquaient.

- Il… Ce qu’il me montre n’est pas… Ne fait pas partie des choses des Hommes. tenta-t-il néanmoins d’un ton incertain.

Il n’y avait pas de mots pour décrire ce qu’il pouvait sentir lorsque Ra s’adressait à lui ou en tout cas il ne les avait pas encore trouvé. Car les mots étaient des choses des Hommes, les souvenirs aussi, tout comme les émotions. Lorsque son regard se portait sur eux et sur l’Egypte ravagée par le conflit, il voir les Hommes et leur guerre mais ce qu’il pouvait sentir et comprendre des paroles de son Dieu dépassait tout de ce qu’un Homme pouvait sentir.
Re joua nerveusement avec ses doigts en fronçant les sourcils comme il le faisait souvent lorsqu’il s'efforçait de trouver les mots. Il était connu pour ne pas retenir ses paroles mais il était toujours assez amusant de le voir lutter lorsque ceux-ci ne lui venaient pas naturellement. Mais soudain son regard s’illumina et il se mit a sautiller d’excitation en tapotant sur le bras de Telg.

- Oh et si ! Et si ! Et si je te montrais ?! s’exclama-t-il le visage rayonnant d’enthousiasme.

Il n’y avait jamais songé auparavant, pas même lorsque Telg avait fait son chemin dans son esprit. A cet instant l’idée que quelqu’un puisse enfin voir et sentir ce qu’il sentait et puisse enfin le comprendre le remplissait de joie et se soulagement. Trop excité, il sauta sur le corps de l’albinos pour prendre son visage dans ses mains et s’assurer que leur regard se croisaient.

- Viens en moi ! Je te montrerais ! insista-t-il d’une voix surexcitée.

Il ferma alors les yeux, se forçant à calmer son enthousiasme pour tenter de guider sa pensée vers une de ses dernières visions. Il aurait voulu que Telg puisse en observer une en direct mais la volonté de Ra était imprévisible et il était difficile pour Rê d’imaginer que celui-ci viendrait se manifester dans cette petite pièce sombre. Ils se contenteraient d’un souvenir.
A chaque fois pourtant, Rê gardait bien plus qu’un souvenir de ces visions. Car elles n’étaient pas de simples épisodes dans sa vie comme l’était sa rencontre avec Telg, ou le souvenir d’une chaude après-midi d’été. Elles étaient bien plus et tellement plus que leur simple souvenir déversait souvent en lui une vague de lumière et de chaleur divine. C’était aussi cela qui rendait si difficile la tâche d’expliquer ses visions aux autres car à il finissait souvent par replonger en transe en se perdant et s’abandonnant dans la lumière pour n’émerger que quelques minutes plus tard sans ne rien avoir dit du tout ou alors en ayant déblatérer des paroles généralement incohérentes.

Mais l’idée que Telg puisse enfin sentir et comprendre lui aussi le libéra de toute angoisse et complexe. Il retrouva l’écrin dans lequel il avait placé son dernier échange avec Ra et en libéra toute la lumière et la puissance de sa voix divine. Celle-ci se répandit en lui telle une vague étouffante et pourtant libératrice, irradiant chacun des cellules qui le constituait de sa lumière solaire. Ce n’étaient pas des mots, ni des images, ni des sons, seulement la lumière, bouillonnante, vibrante, riche et résonnante de tout. Une lumière que seul l’Homme pouvait transcrire en choses d’Homme comme des sensations, des concepts, des idées, des visions. Une lumière si forte qu’elle échappa même des yeux brillant du jeune enfant au dessus de son ami.
- Vois-tu ? Le vois-tu ? Car il te voit toi. murmura Rê d’une voix qui ne semblait même plus la sienne.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Amy

avatar



Messages : 460
Date d'inscription : 17/03/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Dim 29 Mai - 9:52

Un sourire s’afficha le temps d’une seconde sur ses lèvres alors qu’il recevait le compliment de son maître. Ses visions n’étaient pas les siennes, il n’était qu’un archiviste, un homme capable de pouvoir fouiller les souvenirs pour y trouver ce qu’il souhaitait y voir, parfois facilement, parfois avec difficulté. Ses visions ne lui appartenait pas, et d’ailleurs, ce n’était jamais réellement des visions…Il pouvait tordre les souvenirs à sa guise, redessiner certain d’entre eux, refaire un cauchemar pour le rendre plus cruel encore ou à l’inverse, le changer en un rêve apaisant. Mais des visions…
Le soudain enthousiaste du garçon le surpris un peu, il entendit le claquement de la chair sans pour autant ressentir les petites tapes surexcité de son maître sur son bras. Il voulait lui montrer et Telg s’apprêtait à refuser mais il pouvait voir, dans son champ périphérique, Rê le rejoindre dans son lit et le surplomber. Il senti un très léger frémissement de sa peau sur son visage, seul endroit où il était encore capable de ressentir des choses mais c’était comme un faible murmure.

Ses yeux dans les siens, la demande de Rê s’était muée en ce que Telg considéra comme un ordre. Il n’y avait aucune hésitation, aucun questionnement dans sa voix, et dans ces conditions, l’esclave ne pouvait plus refuser. Alors ses pupilles se dilatèrent légèrement, pénétrant un peu plus l’esprit de l’enfant mais il laissa assez de liberté à celui-ci pour lui montrer. Et il senti l’indescriptible, pour la première fois de sa vie, il senti la chaleur, la vrai, l’agréable, pas celle qui était capable de lui mordre la peau et de le faire souffrir des jours entiers, pas celle qui pouvait, par mégarde, le rendre aveugle…Non…Une véritable chaleur, comme les bras d’une mère vous entourant, protectrice et rassurante. Il put sentir son cœur s’en imprégner et il ne se rendit pas compte qu’à l’extérieur, des larmes s’étaient mise à couler du coin de ses yeux, glissant jusqu’à ses oreilles.

Il aurait voulu se perdre dans ce flot, cette beauté aussi étrange qu’insaisissable, et avec cette étreinte chaleureuse, vint une vague de tristesse intense. C’était bien trop de sentiment pour celui qui s’était habitué à n’en ressentir presque aucun alors il quitta l’esprit de son maître et le laissa seul avec ses souvenirs et ses sensations. Il pouvait les sentir, ses larmes qui n’en finissaient pas, il aurait voulu les essuyer mais il n’y arrivait et avec la tristesse, la colère l’envahit soudainement avec son amie la frustration. Il ferma alors les yeux, se concentrant uniquement sur sa propre respiration.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Eli

avatar

PNJ


Messages : 490
Date d'inscription : 24/02/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Dim 29 Mai - 10:21

Rê ne se rendit pas compte que Telg ne lui répondait pas ou même qui abandonna son esprit pour le laisser seul avec sa vision. La lumière l’emplissait tant qu’il n’y avait pas de place dans son esprit pour autre chose. Comme à chaque fois il se perdit dans cette immensité, s’offrit à la puissance divine et cette fois aussi librement que s’il avait été seul. Il en oublia l’albinos en dessous de lui, il en oublia la pièce sombre, il en oublia le monde, il en oublia le temps.

- Rê ! s’exclama une voix après de longues minutes ou l’enfant ne bougea pas, enivré de lumière.

Hélios se pressa près du lit et agrippa brusquement son petit frère par les épaules pour l’éloigner de l’albinos. Il ne put s’empêcher de lancer à l’esclave un regard dur et autoritaire, se demandant ce que celui-ci avait bien pu faire. Mais lorsqu’il se retourna vers Rê et croisa son regard aussi brillant que l’astre solaire, il comprit que ce dernier s’était plongé en contemplation comme il lui arrivait parfois de faire par mégarde en parlant de ses visions.

- Rê, revient. ordonna-t-il fermement en secouant un peu l’enfant, mais celui-ci ne réagit pas.
Hélios se renfrogna, peu désireux de se faire plus brutal mais il donna deux violentes claques sur le petit visage perdu de Rê. L’enfant cligna des yeux, sentant enfin qu’on le rappelait à la réalité et s’efforçant de faire le chemin de retour le plus rapidement possible. Ses yeux cherchèrent dans le vide un instant puis trouvèrent ceux de son grand frère. Il eu une moue inquiète et coupable.

- Mère te cherche partout. indiqua-t-il avec un haussement de sourcil autoritaire et plein de reproche.
- Ne lui dit pas ! Ne lui dit pas ! s’affola Rê en saisissant l’adulte par le col.
Hélios ne put retenir un rictus amusé. D’habitude son petit frère était le premier à se retrouver dans les jupons de leur mère lorsqu’on l'embêtait un peu trop. Et aujourd’hui c’était “Ne lui dit pas ?”. Il ne su s’il devait s’en inquiéter ou en être fier.

- Qu’est-ce que tu fais ici ? Elle t’as formellement interdit de venir le voir. rappela-t-il sans se soucier de la présence de l’esclave paralysé.
- Il est a moi ! J’ai le droit de venir le voir quand je veux ! rétorqua l’enfant sur la défensive en poussant son frère avec hargne mais en ne parvenant qu’à se faire reculer lui-même. Et j’étais en train de lui montrer...
Se rappelant soudain de ce qu’il était en train de faire, Rê se détourna soudain d’Hélios pour retrouver Telg de son grand sourire enthousiaste.

- Alors ? Tu as vu ? Tu as vu ? questionna-t-il avec excitation.
Mais il se rendit compte lentement des larmes qui avaient coulées sur le visage de l’albinos sans que celui-ci ne puisse les essuyer ou les cacher. Le sourire de Rê faiblit. Il avait peut-être vu, ces larmes étaient peut-être d’émerveillement mais il pouvait sentir que l’enfant blanc ne partageait pas sa joie, son bonheur, son sourire, son excitation. Il avait peut-être vu mais il ne le comprenait pas. Personne ne le comprenait de toute manière.
- Oh… laissa-t-il échapper d’une voix profondément déçu et triste.
- Laisse-le se reposer. pressa gentiment Hélios qui vint prendre son petit frère dans ses bras lorsqu’il sentit son humeur s’assombrir sans vraiment savoir pourquoi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Amy

avatar



Messages : 460
Date d'inscription : 17/03/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Dim 29 Mai - 11:03

Le temps n’avait plus de véritable importance pour quelqu’un  de figer comme lui. Il patienta, tuant tous ses sentiments un à un, la joie, la frustration, la tristesse, le bonheur, la solitude et l’allégresse. Et alors qu’il se retrouve à nouveau seul avec lui-même et sa respiration, il put analyser plus facilement ce qui venait de se dérouler. Analyser ces sensations, cette douce passion et pourquoi il était si facile pour son maître de se perdre dans cette immensité, il se demandait s’il ne voulait pas ressentir tout cela à nouveau. La peur le submergea et il se concentra à nouveau pour tuer cette sensation, il pouvait facilement supporter les sentiments des autres mais les siens…C’était une autre histoire.
Il ouvrit à nouveau les yeux pour observer le visage de son maître et son regard illuminé, et là aussi, il eut la sensation de n’avoir jamais rien vu d’aussi beau de sa vie. Il n’avait jamais été véritablement croyant parce que c’était admettre que les dieux l’avaient maudit injustement dès sa naissance mais à présent…Comment pouvait-il encore nier l’évidence ?

La voix d’Helios se fit entendre et alors qu’il frappa son frère à deux reprises, Telg du se faire violence pour ne pas posséder le plus grand des frères pour l’empêcher de blesser son maître un peu plus et d’interrompre aussi violemment quelque chose d’aussi beau. Mais il ne fit rien, parce qu’Helios, au même titre que Malick ou que Rê, était lui aussi son maître même si, comme le rappela rapidement Rê, il appartenait au plus jeune, il n’en restait pas moins l’esclave de chacun d’eux.
Lorsqu’il ressenti la déception de son maître, il se senti lui-même honteux, le but de son existence était de le satisfaire et lorsqu’il n’y parvenait, c’était un réflexe de se sentir mal. Témoin silencieux et immobile des frères, ses pupilles se dilatèrent doucement et il retourna visiter l’esprit de son maître…S’y matérialisant cette fois, emmenant Rê avec lui dans cette pièce gorgée de lumière qu’il fabriquait de toute pièce dans l’esprit des gens.

« Pardon… »

Murmura-t-il simplement, tendant une main vers Rê, il ignorait ce qui l’animait réellement mais il savait reconnaître que son maître avait partager quelque chose d’intime et d’important et qu’il n’avait pas su le recevoir avec tout l’honneur que cela méritait. Alors…Il fit quelque chose que jamais il n’aurait fait d’ordinaire…Il avoua :

« J’ai peur… »

Parce qu’il n’était qu’un enfant de onze ans, enfermé dans un corps qu’il ne pouvait plus sentir. Parce qu’il était condamné à ressentir la vie qu’à travers les autres et que cela taisait ses propres sentiments, assez pour qu’il lui soit bien trop difficile de gérer les siens plutôt que les autres. Il avait peur, de se perdre un jour en chemin. Peur de sombrer dans la folie…Peur de n’être qu’un poids morts. Peur de tomber à nouveau dans l’oubli.

« Maître…Je peux venir vous voir sans que vous n’ayez à venir ici… » Il savait qu’il n’aurait peut-être jamais du informer l’enfant de ce détail mais il le fit malgré tout, conscient des risques. « Appelez et votre Ubaid viendra à vous… »

Il s’évanouit doucement de l’esprit de Rê, ne devenant à présent que cette voix un peu monocorde du début de leur échange.

*Je serai toujours là*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
NPC Eli

avatar

PNJ


Messages : 490
Date d'inscription : 24/02/2013

MessageSujet: Re: Prison de chair   Dim 29 Mai - 11:30

Rê sentit ses propres yeux le piquer doucement mais il pinça les lèvres pour s’empêcher de pleurer et enfoui son petit visage contre l’épaule de son frère pour cacher sa déception. Hélios s’apprêta à l’emmener hors de la pièce sombre lorsque l’enfant hoqueta de surprise, les yeux soudain grand ouvert sur le vide. Il cru que Rê avait une autre vision et il n’avait pas tout à fait tord car Telg venait de se matérialiser dans son esprit dans une petite pièce créée de sa magie.

Le visage de l’enfant s’illumina de joie devant ce nouveau tableau, si épuré et simple et pourtant si sincère. Il pu voir Telg debout devant lui, lui demandant pardon et lui tendant la main, avouant qu’il avait peur. Il n’en fallu pas plus pour que le jeune maître se précipite vers lui pour le serrer dans ses bras.
C’était merveilleux, vraiment merveilleux et tellement plus merveilleux que la vision de ce corps sans vie, sans émotions et en larme dans cette petite pièce sombre qu’il s’apprêtait à quitter.

Cela ne servait plus à rien de le frapper maintenant et maintenant qu’on ne lui demanderait plus de le faire, cela ne servait plus non plus de l’éviter ou de fuir l’Ubaid. Car même s’il était son maître, il n’avait jamais été libre de faire ce qu’il voulait de son esclave. Forcé de le malmener, de le considérait comme un autre, une chimère, un sous-homme, un ennemi. Mais même son père avait fini par se rendre compte que ce n’était pas le cas en découvrant les aptitudes de l’albinos ainsi que sa dévotion. Rê savait qu’on ne lui demanderait plus de le haïr alors il se sentit tant soulagé de pouvoir l’aimer qu’il laissa échapper un petit rire de joie.

Il lui indiqua qu’il pouvait venir le voir lui-même dans cette petite pièce lumineuse plutôt qu’il ne fasse l’effort de le rejoindre dans les ténèbres. Rê acquiesça contre son corps spirituel avec un grand sourire de soulagement et d’enthousiasme. Il l’appellerait. Pour le voir, lui parler mais aussi et surtout le savoir loin de ce corps mort et de cette pièce sombre. Le savoir dans la lumière.
La vision s’effaça doucement et Rê revint à lui, le corps qu’il étreignait n’était plus celui de Telg mais celui de son frère Hélios qui le dévisageait d’un air curieux et discrètement inquiet. Mais Rê ne s’en soucia pas, tournant son regard vers l’albinos alors que celui-ci lui assurait qu’il serait toujours là.
- Ce qui était, est et sera. Et je le serai aussi. affirma-t-il avec bonheur et sincérité.
Il eut un grand sourire que Telg ne pouvait peut-être pas voir mais qu’il savait qu’il sentirait. Il vint le cacher en enfouissant à nouveau sa tête contre le corps d’Hélios qui haussa les épaules en soupirant avant de sortir de la pièce avec son petit frère étrange en laissant l’Ubaid seul dans le noir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: Prison de chair   

Revenir en haut Aller en bas
 

Prison de chair

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Des faits trop en chair
» Prison de Sienne
» La prison / salle de jugement
» L'aventure, la chair avant les os !
» Aventure d'un drogué schyzophrène sorti de prison.
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Marauders Book :: Rp's spéciaux :: Flashback-